Kinshasa, 24 août 2025- Le parti Ensemble pour la République, conduit par Moïse Katumbi, a réagi vigoureusement samedi 23 août à la réquisition de la peine capitale contre l’ancien président Joseph Kabila. Selon cette formation politique, il s’agit d’une démarche « politique et cynique » de la part du pouvoir, destinée à « réduire au silence un acteur majeur de la scène politique congolaise ».
Dans une déclaration officielle diffusée le 23 août, au lendemain des réquisitions du ministère public dans l’affaire visant Joseph Kabila, Ensemble a dénoncé une justice « aux ordres » et a alerté sur les conséquences potentiellement graves d’une telle décision.
“La réquisition de la peine de mort contre l’ancien Président Joseph Kabila par un ministère public aux ordres n’est pas une procédure judiciaire ; c’est une manœuvre politique cynique qui vise à semer la terreur et à diviser un peuple déjà meurtri”, peut-on lire dans le communiqué signé par le secrétaire général du parti, Dieudonné Bolengetenge Balea.
Dans ce texte, la formation de Katumbi dresse un constat sévère sur l’état de la justice sous le président Félix Tshisekedi. Elle affirme : “Qu’on ne s’y trompe pas : cette instrumentalisation de la justice n’a rien à voir avec l’État de droit. C’est une arme de répression massive contre tous ceux qui refusent la pensée unique”, accusant le régime de recourir à des « faux procès, persécutions, enlèvements, arrestations arbitraires, exils forcés, assassinats restés impunis ».
Le communiqué poursuit en avertissant : “Aujourd’hui, c’est Joseph Kabila. Demain, ce sera chaque voix libre, chaque Congolais qui ose dire NON.” Une phrase qui traduit la crainte de voir s’installer un climat de répression généralisée.
Ensemble pour la République souligne aussi le risque qu’une exclusion de Kabila de la scène politique entraîne une radicalisation. “Exclure un acteur clé comme Joseph Kabila, c’est le pousser ainsi que d’autres à la radicalisation et ouvrir la voie au chaos. C’est condamner les processus de Doha et de Washington à l’échec. C’est jouer avec le feu”, avertit le document.
Tout en critiquant fermement le régime, le parti réaffirme son attachement au dialogue politique. “La paix ne naîtra pas de la terreur, mais du dialogue. Nous appelons le peuple congolais, la société civile, les forces politiques responsables à exprimer leur indignation face à cette dérive totalitaire. Ce dialogue inclusif, sous médiation crédible, est la dernière chance pour sauver la RDC du gouffre”, peut-on encore lire.
La déclaration s’achève sur une note de détermination. “Le régime peut tenter de museler les voix, mais il n’étouffera jamais la vérité. Nous resterons debout, aux côtés du peuple, pour une justice équitable, une réconciliation véritable et une paix durable. La RDC ne doit être l’otage des ambitions de personne ; elle appartient à son peuple”, conclut Ensemble pour la République, dans un climat politique déjà tendu à l’approche des élections de 2026.
