Kinshasa, 02 septembre 2025- L’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, a été condamné par la Cour de cassation à trois ans de travaux forcés et à cinq ans d’inéligibilité. Ses avocats estiment que cette décision constitue une sanction particulièrement sévère.
À la sortie de l’audience, son conseil, Me Paul Okito, n’a pas caché son indignation face au verdict rendu, qu’il juge disproportionné.
« Ce qui nous choque, en tant que citoyens congolais, c’est de voir quelqu’un qui n’a pas tiré de profit économique de son acte écoper d’une peine aussi sévère. Trois ans de prison, on peut en discuter. Mais cinq ans d’inéligibilité pour un homme de 36 ans, cela le projette à 47 ou 48 ans avant de pouvoir se représenter, alors que Mutamba incarne l’espoir d’une nation, d’un peuple libre. Pour moi, la peine complémentaire est la plus sévère », a-t-il déclaré.
L’avocat s’est dit surpris que son client soit déclaré coupable alors que, selon lui, « l’argent dont on l’accuse de détournement se trouve toujours sur le compte ». Cette condamnation, a-t-il poursuivi, illustre une dérive inquiétante du système judiciaire.
« Comme la justice est malade, je ne peux pas dire si la décision est bonne ou mauvaise. La Cour a semblé faire de Mutamba le gestionnaire d’une société et le profiteur de la République. Nous en tirons toutes les conséquences », a encore affirmé Me Paul Okito.
Cependant, il a invité la population à maintenir sa mobilisation et à poursuivre le combat du « Tshisekedisme », mais en évitant le vandalisme et toute forme de violence. Pour mémoire, la Cour reproche à Constant Mutamba un détournement de fonds publics initialement alloués à la construction d’une prison à Kisangani.
