Kinshasa, 03 septembre 2025- L’ancien président Joseph Kabila reproche à Félix Tshisekedi de refuser l’organisation d’un dialogue national et inclusif pour trouver une solution à la crise sécuritaire qui secoue l’Est de la RDC. En réaction, le vice-premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, estime que l’ancien chef de l’État n’a aucune légitimité pour formuler un tel avis, l’accusant d’avoir soutenu la rébellion de l’AFC/M23.
« Monsieur Kabila, ancien Président de la République Démocratique du Congo ne peut pas se permettre aujourd’hui de dire que Kinshasa ne favorise pas le dialogue pendant que lui, ancien Président de la République, bénéficiant d’une loi qui lui donne des privilèges, pas des moindres mais aussi des obligations, a pris les armes contre la République et ça ce n’est plus un débat », a-t-il déclaré ce mardi 2 septembre lors d’un briefing presse. Selon Shabani, tout observateur sérieux de la crise actuelle connaît le rôle central joué par Kabila.
Déplorant les souffrances endurées par les populations dans les territoires sous occupation de l’AFC/M23, le ministre congolais a jugé paradoxal que Joseph Kabila, présenté comme l’un des principaux instigateurs du conflit, soit le premier à réclamer un dialogue national. Pour lui, cette posture manque de cohérence et constitue une insulte envers les victimes.
« Vous ne pouvez pas prendre les armes pour réclamer un dialogue, vous ne pouvez pas tuer de milliers, faire déplacer des millions des congolais… Les territoires de Masisi et Rutshuru n’ont pas connu les élections de 2023 à la suite de l’action de Monsieur Joseph Kabila (…) et il ose parler de dialogue, ça il se moque de ce peuple et de cette nation, c’est se moquer de tous ces morts qu’il a occasionnés », a martelé Shabani.
La question d’un éventuel dialogue national ressurgit alors que les confessions religieuses ont publié une feuille de route et qu’une rencontre entre pouvoir, opposition et AFC/M23 est envisagée en Afrique du Sud, sous l’initiative de Thabo Mbeki. Pour sa part, le président Félix Tshisekedi maintient que toute initiative de dialogue ne peut être engagée qu’à son initiative.
S’exprimant lors du deuxième congrès de l’Union sacrée pour la nation (USN), le chef de l’État a rejeté toute médiation extérieure. Il a insisté sur son attachement à un dialogue maîtrisé par les institutions congolaises et réitéré son soutien à l’accord de Washington et au processus de Doha, qu’il considère comme des instruments essentiels pour mettre fin aux interférences étrangères et restaurer la stabilité dans le pays.
