Kinshasa, 30 août 2025- Un message diffusé sur WhatsApp par Michel Butangazi, directeur de cabinet adjoint du gouverneur de la Tshopo, a provoqué de vives réactions à Kisangani. Dans ce texte, il établit un lien entre la LUCHA, section locale, et la rébellion de l’AFC/M23. Cette prise de position est intervenue après que le mouvement citoyen a sollicité de l’Assemblée provinciale un contrôle parlementaire sur le financement des concerts de l’artiste Rebo.
Selon Butangazi, « alors que dans d’autres provinces les mouvements citoyens œuvrent pour le changement, à Kisangani certains jeunes de la LUCHA s’inséreraient dans la sphère politique ou se retireraient pour emprunter des voies insurrectionnelles. L’exemple des infiltrations du M23 à Goma et Bukavu, avec des anciens cadres de la LUCHA, alimente ces suspicions ».
Ces accusations sont rejetées par les militants de la LUCHA, qui les qualifient de « manipulation du public ». Lors d’un point de presse tenu le vendredi 29 août 2025, ils ont rappelé être eux-mêmes victimes des violences du mouvement rebelle. Un militant a été tué lors d’une opération de bouclage au Sud-Kivu et un autre demeure introuvable à Goma.
Jedidia Mabela, l’un des porte-voix de la LUCHA, a tenu à clarifier leur position. « Le mouvement citoyen LUCHA est opposé formellement à la rébellion rwandaise menée l’AFC-M23. Cette opposition n’est plus à démontrer. Beaucoup d’entre vous nous suivent depuis le début de cette crise sécuritaire. Vous savez pertinemment bien que sur le plan tant national que local, la LUCHA s’est opposée à cette rébellion. Nous ne pouvons pas pactiser avec des gens qui prennent des armes comme moyen de violence politique pour se faire entendre », a-t-il déclaré.
Concernant leur correspondance adressée à l’Assemblée provinciale, les militants estiment que le débat aurait dû se concentrer sur les fonds publics et non sur de telles accusations. Pour eux, c’est plutôt la partie du Gouverneur qui devrait s’expliquer devant les élus provinciaux sur le financement de ces concerts.
Enfin, la LUCHA a mis en garde Michel Butangazi. « Si un malheur nous arrivait, si un malheur arrivait à l’un de nous, nous savons contre qui nous allons agir », ont averti ses membres. Ils rappellent que cette démarche visait uniquement à dénoncer une mauvaise gestion des ressources publiques, soulignant que « le divertissement n’est pas une priorité de la province ».
