Kinshasa, 15 septembre 2025- Le président du Conseil supérieur de la magistrature et de la Cour constitutionnelle, Dieudonné Kamuleta Badibanga, est monté au créneau samedi 13 septembre pour dénoncer ce qu’il qualifie de manœuvres illégales dans le secteur judiciaire. Il a fermement réagi à l’annonce faite par une commission se réclamant du M23/AFC, relative à l’organisation d’un test d’évaluation des candidats magistrats qui a été prévu le dimanche 14 septembre à Goma.
Dans un communiqué diffusé à Kinshasa, M. Kamuleta a rappelé que la Constitution congolaise, notamment en ses articles 149 et 152, confère exclusivement au Conseil supérieur de la magistrature la compétence de recruter et de gérer les magistrats sur l’ensemble du territoire national. « Seul le Conseil supérieur de la magistrature a le pouvoir de recruter et de gérer les magistrats », a-t-il insisté.
Réagissant aux vidéos et audios relayés sur les réseaux sociaux appelant à une prétendue reconstitution du pouvoir judiciaire dans les zones sous occupation, le président du Conseil supérieur a rejeté cette initiative, la qualifiant d’« œuvre des ennemis du peuple congolais ». Pour lui, toute tentative de créer un système judiciaire parallèle est « nulle et de nullité absolue ».
Dans le même registre, il a mis en garde les magistrats évoluant dans les zones concernées. Il leur a demandé de ne pas céder à ces sollicitations qui, selon lui, visent à saper les fondements de l’État de droit. « Toute velléité de recrutement des magistrats en violation manifeste des textes constitutionnels et légaux ne peut prospérer », a-t-il averti.
Le Conseil supérieur de la magistrature a également annoncé que des sanctions sévères attendent tout magistrat qui choisirait de se compromettre dans cette initiative. Les contrevenants s’exposeront, selon Kamuleta, à des poursuites tant pénales que disciplinaires.
Ainsi, cette réaction énergique du président de la Cour constitutionnelle vient réaffirmer la position ferme des institutions congolaises face aux tentatives de déstabilisation du système judiciaire, dans un contexte où les zones sous occupation continuent de faire l’objet de manœuvres politiques et sécuritaires préoccupantes.
