Kinshasa, 01 octobre 2025- En République démocratique du Congo, les saisons passent, mais les défis persistent : catastrophes naturelles, épidémies, naufrages sur les cours d’eau, conflits armés et autres crises rythment quotidiennement l’actualité.
À Kinshasa, les inondations et les glissements de terrain causent régulièrement des pertes humaines, tandis qu’à Goma, les coulées de lave du volcan Nyiragongo détruisent parfois des quartiers entiers. À Kalehe, dans le Sud-Kivu, les inondations et glissements de terrain ont fait près de 500 morts et plus de 4 000 disparus en 2023. Sur le fleuve Congo et ses affluents, ainsi que sur d’autres cours d’eau, les naufrages entraînent eux aussi de lourdes pertes humaines.
Dans une tribune publiée le lundi 29 septembre, Bruno Lemarquis, coordonnateur humanitaire des Nations unies en RDC, explique que ces événements tragiques affaiblissent « considérablement » les finances publiques.
« Ces chocs successifs affaiblissent les communautés, entravent le développement et la trajectoire du pays dans la mise en œuvre des Objectifs du Développement Durable, et exercent une pression considérable sur les finances publiques et les investissements privés », écrit-il.
Pour lui, les catastrophes qui frappent le pays ne relèvent pas uniquement du hasard ou de la fatalité, mais sont liées à un déficit de gouvernance.
« Trop souvent, nous parlons de ‘’catastrophes naturelles’’, comme si elles relevaient de l’inévitable. Or, les catastrophes ne sont pas naturelles. Elles sont les conséquences d’un manque de préparation, d’un déficit de gouvernance, d’une absence d’anticipation. Gouverner, c’est prévoir. Prévoir, c’est prévenir », poursuit Bruno Lemarquis.
Le coordonnateur humanitaire insiste sur l’importance capitale de la prévention, qu’il ne faut pas considérer comme un luxe, mais comme un moyen vital de sauver des vies et de protéger les infrastructures socio-économiques.
« La prévention n’est pas un luxe. C’est un investissement stratégique. Pour sauver des vies. Pour préserver les écoles, les hôpitaux, les routes, les récoltes. Pour permettre aux enfants d’apprendre, aux familles de rester unies, aux communautés de vivre dignement, même face aux aléas », ajoute-t-il.
Sans détour, Bruno Lemarquis affirme que la RDC mérite mieux que les improvisations des décideurs face aux catastrophes. « La RDC mérite mieux qu’une gestion de crise perpétuelle. Elle mérite une gouvernance préventive, un développement attentif aux risques, une société résiliente et confiante en son avenir, car gouverner c’est prévoir », insiste-t-il.
Il salue également les travaux d’adoption de la politique nationale de gestion des risques de catastrophe (2025-2050), organisés à Kinshasa du 23 au 25 septembre sous l’impulsion du ministère de l’Intérieur. Selon lui, sa mise en œuvre nécessitera « un leadership politique fort et constant, une coordination des multiples acteurs impliqués, et une mise en œuvre graduelle avec un pilotage rigoureux ». « […] chaque catastrophe évitée est une victoire. Chaque vie sauvée est un pas vers un avenir plus équitable », conclut Bruno Lemarquis.
