Kinshasa, 01 octobre 2025- Dans la capitale congolaise, l’annonce du ministre provincial de la Santé, Dr Patricien Gongo, fait déjà réagir. Kinshasa, confrontée depuis longtemps aux défis d’hygiène alimentaire, se prépare à vivre un tournant. Le responsable de la santé publique a fixé un ultimatum d’un mois, du 1er au 30 octobre, pour que vendeurs et transporteurs de denrées alimentaires respectent de nouvelles règles strictes. Passé ce délai, les contrevenants seront sanctionnés selon la loi.
Dans les marchés populaires, certains commerçants se disent préoccupés. « Nous comprenons l’importance de protéger la santé des gens, mais il faudra aussi que l’État nous aide à avoir des infrastructures adaptées », estime Maman Jeannette, vendeuse de poissons fumés au marché Gambela. Elle craint que le manque d’abris et d’étals modernes rende difficile l’application immédiate de ces mesures.
Du côté des consommateurs, la nouvelle est plutôt bien accueillie. « C’est une bonne décision. Nous achetons souvent des aliments exposés à la poussière et aux mouches. Ces pratiques doivent cesser », affirme Jacques, père de famille rencontré à Matete. Pour lui, ces réformes sont une avancée dans la protection de la santé publique, même si leur mise en œuvre risque d’être compliquée.
Parmi les principales mesures, il est désormais exigé que toutes les denrées alimentaires soient protégées de la poussière, des fumées et des insectes. L’exposition à l’air libre est interdite, et les vendeurs ne pourront plus poser leurs produits directement sur le sol. Le ministère insiste également sur un examen médical obligatoire pour toute personne manipulant les aliments, avec un suivi régulier par les services compétents.
Cependant, d’autres habitants redoutent que ces règles ne pèsent lourdement sur les petits commerçants. « Les vendeurs de rue vivent au jour le jour. S’ils doivent payer pour des tests médicaux et des équipements, cela risque de devenir insoutenable », souligne Mireille, étudiante en santé publique. Elle recommande un accompagnement de l’État pour éviter que ces mesures ne deviennent un fardeau supplémentaire.
Pour le ministère provincial de la Santé, la priorité reste la sécurité sanitaire des Kinois. Dr Gongo a rappelé que la discipline de chacun est nécessaire pour réduire les maladies liées à l’insalubrité alimentaire. Les autorités insistent qu’à partir du 1er novembre, la loi s’appliquera avec rigueur à tous les contrevenants.
