Kinshasa, 02 octobre 2025- Le tribunal militaire de la République démocratique du Congo a condamné lundi l’ancien président Joseph Kabila à la peine de mort, à l’issue d’un procès par contumace. Ses détracteurs qualifient cette procédure de « simulacre » et y voient un véritable règlement de comptes politique.
Le jugement, prononcé le 30 septembre, comporte des accusations de trahison et de crimes de guerre. Pour ses partisans, la procédure « avait toutes les caractéristiques d’une vendetta politique, menaçant à la fois l’État de droit et l’avenir démocratique du pays ».
Le procès s’est déroulé en l’absence d’avocat de la défense, ce qui constitue, selon le communiqué de Human Rights Watch (HRW), « une violation du droit à un procès équitable prévu par le droit international relatif aux droits humains ». Le texte rappelle également que la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples a précisé que les tribunaux militaires « ne devraient en aucun cas avoir compétence sur les civils ».
Cette décision de justice survient alors que Joseph Kabila demeure une figure politique influente. « Le moment choisi pour ce procès est également suspect », note le communiqué, ajoutant que le président Félix Tshisekedi « pourrait le considérer comme une menace politique » dans un contexte marqué par la crise sécuritaire liée au groupe armé M23 dans l’est du pays.
Pour les auteurs du texte, ces poursuites « ressemblent moins à une quête de justice qu’à une stratégie calculée visant à éliminer un adversaire politique, remettant en question l’intégrité de l’ensemble du système judiciaire congolais ».
Le communiqué va au-delà du cas Kabila et avertit. « Refuser à un ancien président une procédure équitable envoie un message effrayant, laissant entendre que d’autres opposants politiques pourraient subir le même traitement », peut-on lire. Il conclut en soulignant que « le jugement, dont la peine de mort, prononcé à l’encontre de Joseph Kabila met en évidence la nécessité pour la RD Congo de mettre en place des institutions suffisamment solides pour traduire en justice les responsables d’abus passés et présents, et de cesser d’utiliser les tribunaux pour régler des comptes politiques ».
