Kinshasa, 20 octobre 2025-Le monde artistique congolais est en deuil. Le peintre Joseph Kinkonda, plus connu sous le nom de Chéri Chérin, s’est éteint à l’âge de 70 ans, laissant derrière lui un héritage artistique inestimable.
Figure majeure de la peinture populaire congolaise, il aura marqué des générations par son regard vif sur la société kinoise et par la profondeur narrative de ses toiles.
Né au cœur de Kinshasa, Chéri Chérin s’est imposé comme l’un des plus grands chroniqueurs visuels de la capitale. Ses œuvres racontent la ville avec ses contrastes, la beauté et la précarité, l’élégance des sapeurs, la fougue des musiciens, l’éclat des femmes et l’exubérance des rues. Par sa peinture, il a donné à voir une Kinshasa vivante, bouillonnante, colorée et souvent ironique, où chaque détail révèle une histoire.
L’artiste se distinguait par sa maîtrise des couleurs et son sens de la narration visuelle. Derrière la joie apparente de ses scènes urbaines se cachait une critique subtile des dérives politiques, des inégalités sociales et des rêves contrariés d’un peuple en quête de dignité. Chéri Chérin faisait de chaque toile un miroir de la société congolaise, entre humour, lucidité et tendresse.
Son œuvre, exposée dans plusieurs musées et galeries à travers le monde, a contribué à donner une visibilité internationale à la peinture populaire congolaise, un mouvement né dans les rues de Kinshasa et devenu aujourd’hui un symbole de créativité africaine contemporaine.
Avec la disparition de Chéri Chérin, le Congo perd un témoin passionné de son époque, un artiste qui a su faire parler les murs et les couleurs pour raconter le quotidien d’un peuple. Mais à travers ses toiles, sa voix continue de résonner, rappelant que la mémoire de Kinshasa ne se lit pas seulement dans les livres, mais aussi sur la toile.
