Kinshasa, 20 janvier 2026- La plateforme politique et sociale Sauvons la RDC a exprimé une vive inquiétude suite à l’arrestation nocturne d’Aubin Minaku, ancien président de l’Assemblée nationale (2012-2019), survenue dimanche dernier à son domicile de Kinshasa. Pour cette organisation, ce nouvel enlèvement illustre une fois de plus que « le Congo est désormais un espace de non-droit ».
Dans un communiqué publié le lundi 19 janvier, Sauvons la RDC, dont les activités sont suspendues dans le pays, a dénoncé une sanction à caractère politique visant le vice-président du PPRD. Selon le texte, cette mesure aurait été prise « pour son engagement assumé dans l’opposition et pour avoir eu l’audace de présider les cérémonies d’hommage à la mémoire de Patrice Émery Lumumba et de Mzee Laurent Désiré Kabila ».
La plateforme a ensuite fustigé la situation générale des libertés en RDC, affirmant : « Un pays où la liberté n’est plus un droit garanti, mais une faveur octroyée au gré du bon vouloir discrétionnaire d’un pouvoir personnel, et où tout acteur politique ou de la société civile refusant allégeance est réduit au statut de prisonnier en sursis ». Elle a également appelé les partenaires internationaux à dénoncer « les dérives dictatoriales et à exiger la restauration de l’État de droit et des principes démocratiques ».
Par ailleurs, le PPRD diaspora a critiqué dimanche une interpellation « en dehors de tout cadre judiciaire clair et transparent », qu’il décrit comme « une escalade répressive systématique inédite visant désormais l’ensemble de la direction politique du PPRD et, au-delà, toute voix d’opposition réelle en République démocratique du Congo ». Le communiqué exige la libération d’Aubin Minaku, ainsi que de Ramazani Shadary et d’autres membres du parti récemment arrêtés, tout en dénonçant « le silence complice » des partenaires internationaux face à la répression.
Selon des sources proches de l’ancien député et des témoins, Minaku aurait été interpellé dans sa résidence privée par des hommes armés, sans motif officiellement communiqué. Fidèle à Joseph Kabila, il a été conduit vers une destination inconnue peu après minuit. Les forces spéciales avaient bouclé la résidence, mais l’opération s’est déroulée sans violence apparente. Depuis la suspension des activités du PPRD en novembre dernier, les cadres et militants n’ont exercé aucune pression notable pour obtenir la libération de leurs camarades arrêtés à Kinshasa.
