Kinshasa, 1er février 2026- La presse du Nord-Kivu est en émoi après le déguerpissement du siège provincial de l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC) ainsi que du Centre de presse de Goma. Dans un communiqué rendu public le 31 janvier 2026, l’UNPC dénonce une atteinte grave à son patrimoine institutionnel et une menace directe contre l’exercice du journalisme dans une province déjà fragilisée par l’insécurité persistante.
Selon l’organisation professionnelle, les locaux expulsés abritaient à la fois le siège provincial de l’UNPC et le Centre de presse de Goma, un espace neutre et professionnel mis à la disposition des journalistes. Ces infrastructures avaient été construites par l’UNPC avec l’appui financier de la MONUSCO, dans le cadre du renforcement des capacités des médias et de la promotion de la liberté de la presse au Nord-Kivu.
L’UNPC rappelle qu’un accord formel la liait à la Radio-Télévision nationale congolaise (RTNC/Goma), autorisant l’implantation de ces installations sur le site de la chaîne publique. En contrepartie, la RTNC bénéficiait notamment de l’accès à la connexion internet installée par l’UNPC. Le déguerpissement opéré remet aujourd’hui en cause cet arrangement et prive les journalistes d’un outil essentiel à leur travail quotidien.
Pour les professionnels des médias du Nord-Kivu, cette décision est perçue comme une expulsion pure et simple de la presse, dans un contexte sécuritaire déjà marqué par des pressions, des menaces et des persécutions, en particulier dans les zones sous occupation. L’UNPC affirme prendre à témoin l’opinion nationale et internationale sur la gravité de la situation et sur les risques accrus auxquels sont exposés les journalistes sur le terrain.
Face à ce qu’elle qualifie d’atteinte intolérable à la liberté de la presse, l’UNPC lance un appel à la MONUSCO, aux organisations de défense des droits des journalistes ainsi qu’aux organisations humanitaires, afin qu’elles s’impliquent dans la protection de ses installations au Nord-Kivu et dans la sauvegarde de l’intégrité physique des journalistes concernés.
Tout en exprimant sa vive inquiétude, l’UNPC réaffirme son engagement à défendre la liberté de la presse et la protection des journalistes sur l’ensemble du territoire national. À Goma comme ailleurs, la corporation journalistique exige la fin des actes qui contribuent à réduire au silence une presse déjà éprouvée par la guerre et l’instabilité.
