Kinshasa, 5 février 2026-La situation sécuritaire et technologique dans le territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu, continue de susciter de vives inquiétudes. En pleine guerre opposant les Forces armées congolaises à la rébellion du M23, des équipements de télécommunications attribués à l’opérateur rwandais MTN Rwanda auraient été détectés à Rutshuru-centre, selon plusieurs sources locales concordantes.
D’après ces informations, des dispositifs techniques auraient été installés sur des antennes situées dans le quartier Murambi, permettant au réseau rwandais de couvrir une partie du territoire congolais et d’y proposer, de facto, des services de téléphonie mobile et d’accès à Internet.
Dans la foulée, des cartes SIM MTN sont désormais commercialisées à Rutshuru-centre ainsi qu’à Kiwanja, rapportent plusieurs habitants. Certains résidents affirment y recourir pour maintenir une connexion Internet devenue instable, dans un contexte où les réseaux habituellement utilisés connaissent de fortes perturbations.
Cette ruée vers des solutions alternatives intervient après plusieurs jours de dysfonctionnements majeurs dans l’accès aux services numériques, rendant difficile la communication dans cette zone déjà fragilisée par l’insécurité.
Dans un communiqué antérieur, l’opérateur Vodacom Congo avait expliqué les perturbations observées par un incident technique majeur affectant le câble sous-marin international WACS, l’un des principaux systèmes de transmission Internet desservant le continent africain. Si cette panne a effectivement eu un impact national, la situation particulière de Rutshuru, marquée par la présence du M23 et l’instabilité persistante, complique davantage la continuité des services de télécommunications dans la région.
La détection d’infrastructures appartenant à un opérateur étranger opérant sur le sol congolais soulève toutefois de sérieuses interrogations, tant sur le plan réglementaire que souverainiste.
En République démocratique du Congo, l’exploitation des réseaux de télécommunications est strictement encadrée par les autorités nationales, notamment l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo (ARPTC). Toute installation ou couverture opérée sans autorisation officielle pourrait constituer une violation des règles en vigueur.
Au-delà des aspects techniques, cette situation relance le débat sur le contrôle des communications dans une zone en conflit, où les infrastructures numériques représentent également un enjeu stratégique majeur. À ce stade, aucune réaction officielle n’a encore été enregistrée ni du côté de l’ARPTC, ni du gouvernement congolais, ni de l’opérateur MTN Rwanda.
Sur le terrain, cette présence présumée alimente de nombreuses inquiétudes au sein de la population, déjà confrontée aux coupures répétées de communication et à la précarité sécuritaire.
