Kinshasa, 6 mai 2026-Le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, a effectivement répondu à l’invitation du Sénat en se présentant devant les sénateurs pour s’expliquer sur la gestion du Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes (FRIVAO), au cœur de nombreuses interrogations.
Face à la chambre haute, le garde des Sceaux a adopté un ton ferme et transparent, exposant des chiffres qui laissent apparaître d’importantes irrégularités.
Selon lui, sur un montant global de 195 millions de dollars disponibles, seuls 28 millions auraient été versés aux victimes.
Guillaume Ngefa a également mis en lumière une évolution jugée préoccupante du nombre de bénéficiaires, passé de 3 000 à plus de 14 000. Une augmentation significative qui, d’après ses déclarations, pourrait révéler l’existence de fraudes ou de dysfonctionnements dans le processus d’identification des ayants droit.
Cette démarche du ministre devant le Sénat traduit une volonté affichée de collaboration avec les institutions de contrôle et de clarification d’un dossier sensible impliquant des fonds publics destinés aux victimes.
Sur le plan judiciaire, le dossier est déjà entre les mains de la justice. Un procès est en cours afin d’établir les responsabilités et de faire toute la lumière sur la gestion du FRIVAO.
Les audiences devraient permettre de déterminer l’ampleur réelle des irrégularités évoquées.
Cependant, certaines absences ont marqué cette phase de la procédure.
L’ancien ministre de la Justice, Mutamba, déjà condamné dans une autre affaire, ne s’est pas présenté à l’audience du 5 mai où il était attendu en qualité de renseignant.
Une absence qui contraste avec la présence du ministre en fonction, venu personnellement répondre aux préoccupations des sénateurs.
Alors que les investigations se poursuivent, cette affaire met en relief les enjeux de transparence et de redevabilité dans la gestion des fonds publics en République démocratique du Congo, particulièrement lorsqu’il s’agit de mécanismes destinés à réparer les préjudices des victimes.
La suite du procès est désormais attendue pour situer les responsabilités et restaurer la confiance autour du FRIVAO.
