Kinshasa, 14 mai 2026- Contre des appels à une désescalade fondée essentiellement sur le dialogue politique, Patrick Katengo défend une ligne plus ferme face à la guerre qui secoue l’Est de la République démocratique du Congo.
Dans un entretien exclusif nous livré ce jeudi, le responsable de la jeunesse congolaise critique ouvertement l’approche diplomatique soutenue par Emmanuel Macron pour tenter d’obtenir une sortie de crise entre Kinshasa et Kigali. » Si on se précipite parce que les Américains l’on fait à mettre le Rwanda au ban, il y a peu de chance de convaincre le Rwanda d’avoir une politique coopérative. Je crois plus dans la vertu du dialogue avec les 2 dirigeants principaux. Un dialogue qui doit aussi engager l’Ouganda le Burundi et qui doit clarifier la réalité des forces en présence, la réalité des prédations économiques aussi » Déclarait Macron.
Réagissant aux déclarations du président français faites en marge du Africa Forward 2026, Patrick Katengo estime que la paix ne peut être construite uniquement autour des négociations alors que les populations civiles continuent de payer le prix du conflit.
Selon lui, les violences persistantes, les déplacements massifs de populations et l’insécurité chronique dans l’Est du pays imposent une approche plus contraignante à l’égard du Rwanda et de ses alliés de l’Alliance Fleuve Congo/M23.
Pour le président du Forum National de la Jeunesse, privilégier le dialogue sans mécanismes solides de protection des civils risquerait d’installer une forme de banalisation des souffrances endurées depuis plusieurs années dans les provinces orientales de la RDC.
Il met en garde contre des compromis diplomatiques qui pourraient, selon lui, transformer les négociations en instruments de légitimation de l’agression.
Dans son message adressé à la jeunesse congolaise, Patrick Katengo développe également une lecture géopolitique du rapport de forces régional.
Il attribue notamment le retrait des troupes rwandaises et des combattants de l’AFC/M23 de certaines zones, notamment à Uvira, aux pressions exercées par Washington. Pour lui, cette évolution militaire ne saurait toutefois occulter les accusations de crimes et de violations des droits humains relayées par plusieurs organisations internationales, parmi lesquelles Woman Right Wosh.
Le jeune entrepreneur estime dès lors qu’un allègement prématuré des sanctions américaines constituerait un signal dangereux. À ses yeux, cela risquerait d’encourager l’impunité et d’affaiblir davantage les engagements déjà contestés pris dans le cadre des discussions soutenues par les États-Unis.
Patrick Katengo appelle ainsi directement Donald Trump à maintenir les sanctions contre ceux qu’il présente comme les ennemis de la RDC. Il considère ces mesures non comme une logique punitive, mais comme un levier destiné à imposer le respect du droit international et à créer les conditions d’une paix durable.
Au-delà du débat diplomatique, cette prise de position traduit aussi la montée d’un discours plus offensif au sein d’une partie de la jeunesse congolaise, de plus en plus méfiante vis-à-vis des initiatives internationales jugées conciliantes envers Kigali.
Pour Patrick Katengo, la recherche de la paix doit désormais s’appuyer à la fois sur la diplomatie, la dissuasion et l’obligation de rendre des comptes.
