Kinshasa, 19 mai 2026-Une nouvelle étape judiciaire s’ouvre dans le dossier du Fonds spécial de réparation et d’indemnisation des victimes des activités armées de l’Ouganda en RDC (FRIVAO). L’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, est attendu ce mardi devant la cour d’appel de Gombe, dans le nord de Kinshasa, en qualité de renseignant.
Cette audience s’inscrit dans le cadre du procès portant sur un présumé détournement des deniers publics alloués au FRIVAO, un mécanisme mis en place pour indemniser les victimes des exactions liées aux activités armées ougandaises sur le territoire congolais.
Le dossier a pris une ampleur particulière après les récentes révélations faites devant le Sénat par l’actuel ministre de la Justice, Guillaume Ngefa. Répondant à l’invitation des sénateurs, ce dernier avait dénoncé de graves dysfonctionnements dans la gestion du fonds.
Selon Guillaume Ngefa, sur les 195 millions de dollars disponibles pour le FRIVAO, seuls 28 millions auraient été effectivement versés aux victimes. Il avait également indiqué que le nombre de bénéficiaires serait passé de 3 000 à plus de 14 000, une évolution jugée préoccupante et susceptible de révéler des irrégularités ou des cas de fraude.
Ces déclarations avaient renforcé les soupçons autour de la gestion du fonds et accéléré l’attention portée au procès en cours. La justice cherche désormais à établir les responsabilités des différents intervenants impliqués dans la chaîne de gestion et de décaissement des fonds.
L’audition attendue de Constant Mutamba pourrait ainsi permettre d’apporter de nouveaux éléments sur le fonctionnement du FRIVAO durant son passage au ministère de la Justice, dans un dossier devenu hautement sensible sur les plans judiciaire et politique.
Alors que les audiences se poursuivent, l’opinion publique attend des réponses claires sur l’utilisation des ressources destinées aux victimes, dans un contexte où les exigences de transparence et de redevabilité restent au centre des préoccupations en RDC.
