Kinshasa, 20 mai 2026-Nouveau rebondissement dans le dossier du Fonds spécial de réparation et d’indemnisation des victimes des activités armées de l’Ouganda en RDC (FRIVAO). Attendu devant la cour d’appel de Gombe comme renseignant, l’ancien ministre de la Justice Constant Mutamba ne s’est finalement pas présenté à l’audience.
Quelques heures plus tard, son avocat-conseil, Maître Emiphe Munganga Cishugi, a déposé une plainte contre inconnu auprès du procureur général près la cour d’appel de Kinshasa/Gombe pour « atteinte à la vie privée ».
Dans cette plainte, la défense dénonce « la photographie clandestine et la diffusion de données médicales confidentielles et à caractère personnel » concernant Constant Mutamba, en violation présumée de la loi sur le numérique et de celle fixant les modalités de l’exercice de la liberté de la presse en RDC.
Selon le document transmis au parquet, les rapports médicaux adressés à la justice pour justifier l’absence de l’ancien ministre auraient été publiés sur les réseaux sociaux sans son consentement ni celui de son avocat.
La défense affirme également que Constant Mutamba est hospitalisé depuis plusieurs mois et que son état de santé ne lui permettrait pas de comparaître devant la justice. Des attestations médicales auraient été établies par ses médecins traitants afin de justifier son incapacité à répondre à la citation.
L’avocat de l’ancien ministre estime que cette divulgation constitue une violation grave du droit à la vie privée et expose également son client à des risques sécuritaires, notamment par la révélation d’informations liées à sa localisation et à l’identité de ses médecins.
Cette affaire intervient dans un contexte judiciaire déjà tendu autour du FRIVAO.
Récemment devant le Sénat, le ministre de la Justice Guillaume Ngefa avait évoqué de possibles irrégularités dans la gestion du fonds, affirmant que sur 195 millions de dollars disponibles, seuls 28 millions auraient été versés, tandis que le nombre de bénéficiaires serait passé de 3 000 à plus de 14 000.
Alors que le procès se poursuit, cette nouvelle plainte ajoute une dimension supplémentaire à un dossier devenu particulièrement sensible sur les plans judiciaire et politique en République démocratique du Congo.
