Kinshasa, 6 juin 2026- La lutte contre la corruption en République démocratique du Congo pourrait bientôt franchir une nouvelle étape. Le député national Professeur André Mushongo Mashara a déposé, le 5 juin 2026, auprès du Président de l’Assemblée nationale, une proposition de loi portant statut et protection des lanceurs d’alerte.
Cette initiative législative vise à offrir un cadre juridique sécurisé aux citoyens qui dénoncent des faits de corruption, de détournement des deniers publics, d’enrichissement illicite ou toute autre forme de criminalité financière.
Selon l’exposé des motifs, le texte s’appuie sur les dispositions des articles 56, 58 et 130 de la Constitution ainsi que sur les articles 151 et 152 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale.
Le député estime que l’absence de mécanismes efficaces de protection décourage de nombreux citoyens à signaler des actes répréhensibles dont ils sont témoins.
Face à cette situation, la proposition de loi prévoit notamment une immunité pénale et civile pour les lanceurs d’alerte agissant de bonne foi, ainsi qu’une garantie d’anonymat et de confidentialité tout au long de la procédure de signalement.
L’objectif poursuivi est de mettre fin à ce que l’auteur du texte qualifie de « loi du silence », souvent accusée de favoriser l’impunité et de protéger les réseaux impliqués dans la corruption et les détournements de fonds publics.
Parmi les innovations introduites dans cette proposition figure la reconnaissance du rôle du « prête-nom », une pratique fréquemment évoquée dans les dossiers d’enrichissement illicite.
Le texte prévoit également l’instauration d’une « prime de civisme » destinée à encourager les citoyens à collaborer avec les autorités judiciaires dans les enquêtes liées aux crimes économiques et financiers.
Selon les promoteurs de cette réforme, cette mesure pourrait contribuer à améliorer la récupération des avoirs détournés et à renforcer la transparence dans la gestion des ressources publiques. Elle s’inscrit également dans les efforts visant à consolider la gouvernance et à restaurer la confiance des citoyens dans les institutions de l’État.
La proposition de loi devra désormais suivre le processus législatif au sein de l’Assemblée nationale avant d’être éventuellement soumise à l’examen du Sénat puis à la promulgation du Président de la République.
