Kinshasa, 9 juillet 2026.- La Première ministre de la République démocratique du Congo, Judith Suminwa, a dénoncé mercredi devant le Conseil de sécurité des Nations unies l’utilisation des violences sexuelles liées aux conflits comme une véritable « méthode de guerre » visant à semer la terreur, provoquer des déplacements forcés des populations et détruire le tissu social des communautés affectées.
Présidant le débat public de haut niveau consacré aux violences sexuelles en période de conflit, la cheffe du gouvernement congolais a alerté sur la persistance de ces crimes, particulièrement dans l’Est de la RDC, où les populations civiles restent exposées aux exactions des groupes armés.
S’appuyant sur le rapport de la Représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit, Pramila Patten, Judith Suminwa a relevé une augmentation préoccupante des cas documentés. Elle a établi un lien entre ces violences, l’occupation de certaines zones par des groupes armés et l’implication présumée de forces étrangères, dont le Rwanda, ainsi que les réseaux économiques illicites qui entretiennent l’instabilité.
« Les violences sexuelles ne sont pas des actes isolés, elles constituent des instruments utilisés pour contrôler les territoires, humilier les populations et imposer la peur », a soutenu la Première ministre, appelant la communauté internationale à renforcer les mécanismes de prévention et de lutte contre l’impunité.
Dans son intervention, Judith Suminwa a également mis en avant les actions entreprises par le gouvernement congolais sous l’impulsion du président Félix Tshisekedi pour répondre aux besoins des victimes. Elle a notamment cité le Fonds national de réparation des victimes de violences sexuelles liées aux conflits (FONAREV), présenté comme un outil destiné à assurer un accompagnement aux survivantes et à contribuer à la justice réparatrice.
La Première ministre a insisté sur la nécessité d’une réponse globale associant justice, réparation, prise en charge des victimes et démantèlement des structures qui alimentent les conflits armés.
