Kinshasa, 11 juillet 2026- À quelques jours de l’échéance évoquée par le secrétaire d’État américain Marco Rubio dans le cadre de l’accord de Washington conclu entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, la situation sécuritaire sur le terrain continue de susciter des interrogations. Alors que les attentes portent sur une désescalade des violences, plusieurs sources indépendantes font état de la poursuite des opérations militaires sur différents fronts dans l’est du pays.
Selon des informations recoupées auprès de sources militaires, de la société civile et d’observateurs présents dans les zones de conflit, la coalition AFC/M23-Twirwaneho-Red Tabara maintient ses mouvements offensifs dans plusieurs territoires du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Depuis le mois de mai, les offensives semblent privilégier les zones montagneuses, les massifs forestiers, les axes logistiques ainsi que les secteurs à fort potentiel minier. Cette stratégie viserait à renforcer le contrôle territorial et les voies d’approvisionnement, tandis que des informations concordantes font également état de la poursuite du recrutement de jeunes combattants.
Au Nord-Kivu, les territoires de Masisi et de Walikale demeurent le théâtre d’affrontements réguliers entre la coalition rebelle et les groupes Wazalendo. Plusieurs localités, notamment Kasake, Shangi, Rukenge, Ihula, Mulema, Katahandwa et Shoa, seraient passées sous contrôle rebelle après de violents combats, selon des sources locales.
Dans le territoire de Lubero, des mouvements de renfort observés ces derniers jours témoignent également d’une ligne de front toujours active, entraînant de nouveaux déplacements de populations civiles.
Au Sud-Kivu, les affrontements restent concentrés dans les territoires de Fizi et de Mwenga, particulièrement sur les hauts plateaux d’Itombwe et de Minembwe.
La coalition AFC/M23-Twirwaneho-Red Tabara affirme avoir pris plusieurs positions stratégiques, notamment Point Zéro, après les prises successives de Madegu et de Kalingi-Kalongi. Des sources indépendantes signalent également l’occupation de Kipupu à la suite du retrait des FARDC et des groupes Wazalendo.
Les localités de Mikenge, Rugezi, Kazaroho et Bilalo Mbili figurent également parmi les zones désormais contrôlées par cette coalition.
La poursuite de ces opérations militaires relance le débat sur l’application effective des engagements pris à Washington. Alors que l’accord est censé favoriser une désescalade du conflit, les développements observés sur le terrain donnent l’impression que les différentes parties cherchent encore à consolider leurs positions avant toute mise en œuvre complète des dispositions convenues.
Sur le plan diplomatique, le respect de ces engagements constitue également un enjeu majeur. Si Washington estime que les obligations prévues par l’accord ne sont pas respectées, les États-Unis pourraient renforcer les sanctions ciblées déjà existantes, accroître la pression diplomatique et mobiliser leurs partenaires internationaux afin d’obtenir l’application effective des engagements.
L’évolution de la situation rappelle enfin que les précédents processus de paix dans la région des Grands Lacs ont souvent été fragilisés par la poursuite des combats sur le terrain. Pour plusieurs observateurs, une paix durable dépendra autant de mécanismes crédibles de vérification que d’une volonté politique concrètement traduite par des actes.
À quatre jours de l’échéance annoncée, l’avenir de l’accord de Washington semble ainsi se jouer autant sur les lignes de front que dans les discussions diplomatiques.
