Kinshasa, 29 juillet 2026- L’Observatoire de la Dépense Publique (ODEP) a vivement réagi à la promulgation de la loi sur le référendum et à l’appel au dialogue lancé par le président Félix Tshisekedi.
Dans une déclaration rendue publique ce mercredi, l’organisation affirme être profondément déçue par l’attitude du chef de l’État, qu’elle accuse de ne manifester aucune volonté politique réelle pour sortir la République démocratique du Congo de la crise multidimensionnelle qui secoue le pays.
Selon l’ODEP, la validation de la loi référendaire constitue un signal préoccupant dans un contexte marqué par l’insécurité persistante dans l’Est, les difficultés socio-économiques et les tensions politiques. L’organisation estime que les priorités nationales devraient être orientées vers le rétablissement de la paix, le renforcement de la cohésion nationale et l’amélioration des conditions de vie de la population plutôt que vers des réformes institutionnelles susceptibles de diviser davantage la classe politique.
L’ODEP considère également que l’initiative de dialogue annoncée par le président de la République manque de crédibilité au regard des récentes évolutions politiques. Elle soutient que la poursuite du processus référendaire est incompatible avec la recherche d’un consensus national et risque de compromettre les chances d’un dialogue inclusif capable de répondre aux préoccupations des différentes composantes de la société congolaise.
Dans cette perspective, l’organisation appelle les partis et regroupements de l’opposition à ne pas prendre part aux consultations proposées par le chef de l’État.
Pour l’ODEP, une participation à ce dialogue reviendrait à cautionner un processus politique dont les conclusions seraient, selon elle, déjà orientées par le pouvoir en place.
L’organisation plaide plutôt pour la mise en place d’un cadre de concertation fondé sur des garanties de neutralité, d’inclusivité et de respect des principes démocratiques. Elle estime qu’une sortie durable de la crise passe par un large consensus national associant les forces politiques, la société civile et les autres acteurs concernés autour des questions de gouvernance, de sécurité et de développement.
Cette prise de position intervient alors que le débat autour de la loi sur le référendum continue de polariser la scène politique congolaise, entre les partisans d’une réforme institutionnelle et ceux qui y voient une source potentielle de nouvelles tensions dans un pays déjà confronté à de nombreux défis.
