Kinshasa, 06 août 2026- Le président du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), Christian Bosembe, a averti que la République démocratique du Congo pourrait suspendre l’accès à TikTok si la plateforme ne procède pas au blocage des comptes attribués à des groupes armés et à des personnes recherchées par la justice congolaise.
S’exprimant sur cette question, le patron de l’organe de régulation des médias a estimé que certaines présences sur le réseau social constituent une menace pour la sécurité nationale et ne devraient pas bénéficier d’une tribune numérique pour diffuser leurs messages.
Christian Bosembe a notamment cité Corneille Nangaa ainsi que les responsables et structures associés à l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23), qu’il accuse d’utiliser les plateformes numériques pour relayer leurs activités et leur communication. Selon lui, cette situation est incompatible avec les impératifs de sécurité et de souveraineté de l’État congolais.
Pour illustrer son propos, le président du CSAC a établi un parallèle avec des organisations armées internationales telles que le Hezbollah ou Al-Qaïda, estimant qu’aucun État ne devrait accepter la diffusion de contenus émanant de groupes considérés comme une menace à la stabilité nationale.
« L’État congolais doit se faire respecter », a-t-il déclaré, soulignant que les autorités disposent de moyens légaux pour contraindre les plateformes numériques à se conformer aux exigences de la réglementation nationale.
Christian Bosembe a rappelé que le CSAC est investi de la mission de réguler les médias et les plateformes de communication opérant sur le territoire congolais. À ce titre, il estime que les réseaux sociaux doivent également respecter les décisions de justice et les orientations des institutions compétentes en matière de sécurité.
Le président du CSAC a ainsi prévenu que le gouvernement pourrait envisager des mesures plus fermes à l’encontre de TikTok si aucune suite favorable n’est donnée à cette demande.
Parmi les options évoquées figure une éventuelle suspension de l’application en RDC, à l’instar de décisions similaires adoptées par certains pays pour des raisons sécuritaires ou réglementaires.
Cette déclaration intervient dans un contexte marqué par la persistance de l’insécurité dans l’Est de la RDC et par l’intensification de la bataille de communication entre les autorités congolaises et les groupes armés actifs dans la région.
Pour l’heure, TikTok n’a pas officiellement réagi aux propos du président du CSAC. La question de la régulation des plateformes numériques et de leur responsabilité dans la diffusion de contenus liés aux conflits armés continue néanmoins de susciter un vif débat en République démocratique du Congo.
