Mbanza-Ngungu, 9 août 2026- Six détenus sont morts en moins d’une semaine au cachot de Boko, dans le territoire de Mbanza-Ngungu, province du Kongo-Central.
Les causes exactes de ces décès ne sont pas encore établies, mais les autorités sanitaires locales soupçonnent une possible contamination au choléra, dans un contexte marqué par des conditions de détention particulièrement difficiles.
Selon les informations rapportées par Radio Okapi, le cachot de Boko compte trois cellules d’environ 15 mètres carrés chacune.
Conçues pour accueillir près de 70 personnes, ces cellules hébergent actuellement environ 134 détenus, soit presque le double de leur capacité.
La surpopulation carcérale s’accompagne d’un manque d’eau et d’installations sanitaires adéquates.
Des acteurs de la société civile dénoncent des conditions de détention jugées « inhumaines » et alertent sur les risques de propagation des maladies au sein du cachot.
Face à cette situation, le médecin-chef de la zone de santé de Boko-Kivulu a dépêché une équipe médicale afin d’évaluer l’état sanitaire des détenus et de déterminer l’origine des décès.
Les premiers constats orientent les investigations vers une éventuelle contamination au choléra, une maladie déjà présente dans la zone de santé.
En attendant les résultats des analyses, des mesures préventives ont été prises.
Les détenus ont notamment reçu une chimioprophylaxie à la doxycycline. Les autorités sanitaires prévoient également la désinfection des locaux et l’aménagement d’un espace destiné à la prise en charge d’éventuels cas.
Cette alerte intervient alors que la prison centrale de Mbanza-Ngungu avait déjà été confrontée à une épidémie de choléra en mars 2026, qui avait fait 11 morts et enregistré 74 cas parmi environ 800 détenus.
Les autorités locales et les acteurs de la société civile appellent désormais à des mesures urgentes pour réduire la surpopulation, améliorer l’accès à l’eau potable et renforcer les conditions d’hygiène et de prise en charge médicale des personnes détenues.
