Kinshasa, 17 août 2026- Trois mois après la déclaration officielle de l’épidémie d’Ebola causée par le virus Bundibugyo, la République démocratique du Congo fait face à sa crise sanitaire la plus meurtrière jamais enregistrée. Au 16 août, le pays comptait 4 945 cas confirmés et 2 325 décès, soit une létalité d’environ 47 %. L’épidémie a désormais atteint six provinces.
Cette flambée dépasse déjà, en nombre de décès, l’épidémie de 2018-2020, qui avait causé 2 299 morts. Elle constitue ainsi la deuxième épidémie d’Ebola la plus meurtrière jamais enregistrée dans le monde, derrière celle d’Afrique de l’Ouest de 2014-2016.
La situation reste particulièrement préoccupante en raison de la vitesse de propagation du virus, des retards dans le diagnostic, des difficultés d’accès aux soins et de l’insécurité dans plusieurs zones affectées.
Le Bundibugyo constitue par ailleurs un défi particulier pour la riposte. Contrairement à la souche Zaïre, contre laquelle plusieurs outils existent, aucun vaccin ni traitement spécifique n’est actuellement homologué contre cette souche.
Des essais et évaluations de candidats vaccinaux et thérapeutiques sont toutefois en cours.
L’exemple de l’Ouganda montre néanmoins qu’un endiguement rapide reste possible.
Après avoir enregistré 20 cas confirmés, dont deux décès, le pays a officiellement déclaré la fin de son épidémie le 28 juillet 2026, après avoir respecté la période de 42 jours sans nouvelle transmission locale.
Face à l’aggravation de la situation, les autorités congolaises misent notamment sur le renforcement de la riposte communautaire, la protection du personnel soignant, l’amélioration de l’accès aux traitements et l’accélération de la recherche sur les vaccins et traitements adaptés au Bundibugyo.
Le recours à ERVEBO, parallèlement à l’évaluation scientifique de son efficacité contre cette souche, fait partie des pistes avancées dans la riposte.
L’Organisation mondiale de la Santé insiste également sur l’importance de l’engagement des communautés, du traçage des contacts, de la surveillance épidémiologique et de la prise en charge précoce des malades.
Dans les zones touchées, la méfiance, la désinformation, les déplacements de populations et les difficultés sécuritaires compliquent cependant considérablement ces opérations.
Alors que l’épidémie congolaise progresse à un rythme inédit, la comparaison avec l’Ouganda souligne l’urgence d’une réponse plus rapide et mieux coordonnée. Chaque retard dans la détection, l’isolement ou la prise en charge peut favoriser de nouvelles transmissions et alourdir davantage le bilan humain.
