Kinshasa, 24 août 2028- À l’occasion de la commémoration du 28ᵉ anniversaire du massacre de Kasika, dans le territoire de Mwenga au Sud-Kivu, le Prix Nobel de la paix Denis Mukwege a réitéré son appel en faveur de la mise en place d’un mécanisme judiciaire crédible afin de juger les crimes commis en République démocratique du Congo au cours des dernières décennies.
Dans un message publié ce 24 août 2026, le célèbre gynécologue congolais a rappelé que cette date demeure un symbole de la souffrance des populations civiles victimes des violences qui ont marqué l’histoire récente du pays.
« En ce 24 août 2026, nous commémorons dans la douleur le 28ᵉ anniversaire du massacre de Kasika, dans le territoire de Mwenga, au Sud-Kivu », a-t-il déclaré.
Denis Mukwege a rappelé que, vingt-huit ans auparavant, les populations de Kasika, Kilungutwe et Kalama avaient été victimes d’exactions d’une extrême brutalité. Des centaines de femmes, d’hommes et d’enfants avaient été massacrés, tandis que de nombreuses femmes avaient subi des viols et des actes de torture. Des enfants et des nourrissons avaient également été tués, des habitations incendiées et plusieurs villages pillés.
Parmi les victimes figurait notamment le Mwami François Mubeza, chef coutumier de la communauté Nyindu, assassiné avec une violence particulière. Son épouse, enceinte de jumeaux, avait également été tuée. Des religieux ainsi que de nombreux fidèles avaient aussi perdu la vie lors de ces massacres.
Face à cette tragédie et à d’autres crimes documentés à travers le pays, Denis Mukwege a renouvelé son plaidoyer pour une justice capable de mettre fin à l’impunité.
« Nous appelons à la création d’un mécanisme judiciaire crédible pour juger les crimes du passé et du présent, notamment une juridiction pénale spéciale ou internationalisée, ainsi que des chambres mixtes ou hybrides au sein des juridictions congolaises », a-t-il affirmé.
Le lauréat du Prix Nobel de la paix a également exhorté les autorités congolaises et la communauté internationale à agir pour que les responsables de ces atrocités répondent enfin de leurs actes devant la justice.
« Nous appelons la République démocratique du Congo et la Communauté internationale à mettre en œuvre les recommandations du Rapport Mapping, à enquêter sur les crimes commis au cours des trente dernières années et à poursuivre leurs auteurs et leurs commanditaires, qu’ils soient congolais ou étrangers, membres de groupes armés ou responsables étatiques », a-t-il insisté.
À travers cet appel, Denis Mukwege estime que la reconnaissance des crimes, l’établissement de la vérité et la poursuite des responsables constituent des étapes indispensables pour rendre justice aux victimes, favoriser la réconciliation nationale et construire une paix durable en République démocratique du Congo.
