Kinshasa, 04 septembre 2026 – Jean-Marc Kabund hausse le ton après l’annonce faite par le président Félix-Antoine Tshisekedi concernant le projet de transfert de la représentation diplomatique congolaise de Tel-Aviv vers Jérusalem.
Dans une déclaration au ton particulièrement critique, l’ancien président intérimaire de l’UDPS estime que l’amitié entre la République démocratique du Congo et Israël ne dépend nullement de la localisation des ambassades.
« L’amitié entre le peuple congolais et le peuple israélien est forte et ancienne : elle n’a pas besoin d’un déménagement pour exister », affirme Jean-Marc Kabund.
Pour l’opposant, la question de Jérusalem dépasse le cadre d’une simple décision administrative ou diplomatique. Elle renvoie, selon lui, à un dossier international particulièrement sensible, soumis à des règles du droit international.
Kabund invoque notamment la résolution 478 du Conseil de sécurité des Nations unies, plutôt que de l’Assemblée générale, comme indiqué dans sa déclaration ainsi que l’avis consultatif rendu en 2024 par la Cour internationale de Justice sur les conséquences juridiques des politiques et pratiques israéliennes dans les territoires palestiniens occupés, y compris Jérusalem-Est.
Jean-Marc Kabund reproche ainsi à Félix Tshisekedi d’aborder le statut de Jérusalem comme une question pouvant être modifiée au gré des choix du pouvoir en place.
« Le statut de Jérusalem n’est pas une variable d’ajustement au gré de la volonté présidentielle », soutient-il, appelant implicitement Kinshasa à davantage de prudence dans la conduite de sa politique étrangère.
L’ancien responsable de l’UDPS va plus loin en mettant directement en cause la stature internationale du chef de l’État.
Selon lui, cette annonce démontre une fois de plus que Félix Tshisekedi n’est pas un faiseur de paix. Il l’accuse également de considérer le droit international comme quantité négligeable , la souffrance des peuples comme un détail et la tradition diplomatique congolaise comme une relique.
La question du transfert de l’ambassade congolaise à Jérusalem intervient alors que Kinshasa cherche à approfondir ses relations avec Israël dans plusieurs domaines. Une telle évolution pourrait toutefois avoir des implications diplomatiques importantes, compte tenu du caractère disputé du statut de Jérusalem et de la position de longue date de la communauté internationale sur cette question.
La sortie de Jean-Marc Kabund ouvre ainsi un nouveau front de contestation autour de la politique étrangère du président Tshisekedi. Au-delà du rapprochement entre Kinshasa et Jérusalem, le débat porte désormais sur l’équilibre que la RDC entend maintenir entre ses intérêts bilatéraux, ses engagements internationaux et sa tradition diplomatique.
Pour Kabund, le renforcement des relations avec Israël ne devrait donc pas, à ses yeux, se traduire par une remise en cause des principes défendus par la diplomatie congolaise sur les grandes questions internationales.
