Kinshasa, 05 septembre 2026 – La coalition Camp de la jeunesse a conditionné son adhésion au dialogue national à une série de garanties destinées, selon elle, à assurer la transparence, l’inclusivité et l’efficacité du processus.
Lors d’un point de presse animé ce samedi à Kinshasa, son coordonnateur, Maitre Henock Manoka, a notamment exigé que les travaux soient retransmis en direct sur la Radio-Télévision nationale congolaise (RTNC).
« Que le peuple suive tout en direct », a plaidé la plateforme, estimant que la diffusion intégrale des débats permettrait aux Congolais de suivre les échanges en toute transparence et d’éviter toute suspicion sur les conclusions qui en découleront.
Au-delà de cette revendication, le Camp de la jeunesse appelle à la libération des jeunes détenus pour des raisons politiques avant l’ouverture des assises. La coalition considère qu’un dialogue censé favoriser la cohésion nationale doit se dérouler dans un climat d’apaisement et de confiance.
Le mouvement propose également l’organisation d’un pré-dialogue réunissant des scientifiques, philosophes, historiens et autres experts afin de définir une feuille de route impartiale. Selon ses responsables, cette étape préalable permettrait d’encadrer les discussions et d’éviter toute orientation partisane du processus.
Sur le fond, la coalition met en garde contre toute tentative de transformer le dialogue en cadre de partage des postes politiques. Elle annonce à cet effet le lancement d’une campagne baptisée « Pas de postes après le dialogue », destinée à promouvoir des solutions durables aux problèmes du pays plutôt qu’un simple réaménagement des équilibres politiques.
Le Camp de la jeunesse réclame également la création d’un fonds spécial pour la réinsertion des jeunes victimes des conflits armés et de l’agression que connaît la République démocratique du Congo. Il demande en outre la mise en place d’un tribunal international chargé de juger les responsables des différentes rébellions ayant pris les armes contre la Nation depuis 1996.
La coalition souhaite par ailleurs que la Belgique et l’Allemagne soient sollicitées afin de mettre à la disposition de la RDC les archives relatives à la nationalité de certains peuples, un dossier qu’elle juge important pour la compréhension de plusieurs questions historiques et identitaires.
Autre exigence : la participation effective de la jeunesse congolaise vivant dans la diaspora. Pour le mouvement, les jeunes établis à l’étranger doivent être associés aux réflexions sur l’avenir du pays au même titre que ceux vivant sur le territoire national.
Dans sa déclaration, Me Henock Manoka a regretté le manque de mobilisation des acteurs politiques en faveur de la représentation des jeunes au dialogue national.
« Aucun parti politique de la majorité, de l’opposition ou même de la société civile ne se bat aujourd’hui pour garantir la participation de la jeunesse à ce dialogue », a-t-il affirmé.
Se présentant comme une plateforme engagée dans la défense des intérêts de la jeunesse congolaise, le Camp de la jeunesse entend poursuivre son plaidoyer afin que les jeunes occupent une place centrale dans les discussions appelées à façonner l’avenir de la République démocratique du Congo.
