Goma, 05 septembre 2026- Un professeur de l’Institut supérieur de commerce (ISC) de Goma a publiquement rejeté une nomination qui lui aurait été attribuée par l’AFC/M23 au sein du comité de gestion de l’ISC Bukavu.
Le professeur Dr Bengeya Machozi Déo affirme n’avoir jamais accepté cette désignation. Dans une correspondance adressée à la ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, Recherche scientifique et Innovation, datée du 26 août 2026 depuis Lausanne, en Suisse, l’universitaire explique avoir découvert sa nomination « par la voie des réseaux sociaux », sans avoir été consulté ni sollicité au préalable.
Selon lui, cette désignation ne peut donc engager son consentement. Le professeur rappelle qu’il avait auparavant été nommé par les autorités de Kinshasa au poste de secrétaire général à la recherche de l’ISC Bukavu.
« Je refuse l’offre de l’AFC/M23 », écrit-il dans sa correspondance, tout en demandant au gouvernement de la République de reconsidérer sa situation professionnelle et salariale.
Le Dr Bengeya Machozi Déo indique également renoncer à toute fonction au sein d’un comité de gestion mis en place par l’AFC/M23. Il souhaite plutôt poursuivre sa carrière en tant qu’enseignant et chercheur.
Cette prise de position survient alors que la question de la gouvernance des établissements d’enseignement supérieur reste particulièrement tendue dans les zones contrôlées par l’AFC/M23, notamment à Goma et Bukavu.
Ces dernières semaines, la rébellion a procédé à plusieurs nominations au sein des universités et instituts supérieurs des deux principales villes du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Des désignations rejetées par le ministère de l’Enseignement supérieur, universitaire, Recherche scientifique et Innovation de Kinshasa, qui estime qu’elles ne relèvent pas de l’autorité légalement compétente.
En réaction, le gouvernement congolais a ordonné la suspension des activités académiques dans plusieurs établissements concernés. Une décision qui continue de perturber le déroulement de l’année académique dans ces institutions, alors que le conflit armé affecte déjà profondément le fonctionnement du secteur éducatif dans l’Est de la République démocratique du Congo.
