Kinshasa, 20 octobre 2026- Le secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), Augustin Kabuya, a mis en cause l’impartialité de la magistrate belge chargée de l’instruction judiciaire ayant conduit aux perquisitions dans des domiciles liés à la famille du président Félix Tshisekedi.
Il a également critiqué les liens politiques qu’il attribue à certains avocats impliqués dans cette affaire, dont Me Hervé Diakiese, qu’il présente comme proche de l’opposant Moïse Katumbi.
S’exprimant mardi 20 octobre lors d’une causerie morale organisée au siège de l’UDPS, à Kinshasa, Augustin Kabuya a affirmé que la magistrate en charge du dossier défendrait depuis longtemps les intérêts du président rwandais Paul Kagame.
« La magistrate qui s’occupe de la perquisition de la famille Tshisekedi défend les intérêts de Kagame depuis très longtemps. Même les avocats qui l’accompagnent, entre autres Hervé Diakese, c’est un proche de Katumbi. Donc, il n’y aura toujours rien de bon qui peut sortir de là », a-t-il déclaré.
Par cette sortie, le responsable de l’UDPS exprime ses réserves sur la conduite de la procédure judiciaire en Belgique et met en doute les chances d’une issue favorable à la famille présidentielle. Ces accusations, qui engagent son appréciation politique du dossier, n’établissent toutefois pas en elles-mêmes un défaut d’impartialité de la magistrate concernée.
Les déclarations d’Augustin Kabuya interviennent six jours après une série de perquisitions menées le mercredi 14 octobre 2026 à Bruxelles et dans plusieurs communes des provinces du Brabant flamand et du Brabant wallon.
Les opérations ont été confirmées par le parquet fédéral belge dans le cadre d’une instruction pour blanchiment d’argent présumé.
L’enquête fait suite à une plainte déposée le 8 juillet 2025 par des organisations de la société civile du Grand Katanga et quatre anciens dirigeants de la Générale des carrières et des mines (Gécamines), représentés notamment par les avocats Bernard et Brieuc Maingain. Les plaignants dénoncent des faits présumés de corruption, de détournement de fonds et de blanchiment liés à l’exploitation des ressources minières dans les provinces du Haut-Katanga et du Lualaba.
Neuf proches du chef de l’État, dont son épouse, Denise Nyakeru Tshisekedi, figurent parmi les personnes citées dans cette procédure, selon les informations publiées par plusieurs médias.
Au lendemain des perquisitions, Denise Nyakeru Tshisekedi avait exprimé son étonnement face à ces opérations, rejeté les accusations la visant ainsi que plusieurs membres de sa famille et assuré qu’elle collaborerait pleinement avec la justice belge.
De son côté, Me Hervé Diakiese, cité par Augustin Kabuya, avait estimé que les perquisitions témoignaient du sérieux accordé à la plainte déposée par les organisations requérantes. L’avocat avait néanmoins rappelé que la culpabilité des personnes concernées n’était pas établie et que l’instruction devait examiner les éléments à charge comme à décharge.
À ce stade, les perquisitions constituent des actes d’enquête et ne valent pas condamnation. La procédure belge reste soumise au secret de l’instruction et au principe de la présomption d’innocence.
