Kinshasa, 22 octobre 2026- Après la condamnation par la Belgique du choix de Joseph Kabila de prendre la tête du Front pour la refondation de la nation (FRN), l’opposant congolais Olivier Kamitatu salue la fermeté du ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, tout en dénonçant une « diplomatie des adjectifs ».
Dans une tribune publiée ce jeudi 22 octobre, il appelle Bruxelles à appliquer la même exigence face aux violations présumées de la Constitution et des droits humains en République démocratique du Congo (RDC).
Cette réaction intervient au lendemain de la déclaration de Maxime Prévot, qui a jugé « déplorable, incompréhensible et inacceptable » la décision de l’ancien président congolais de prendre la tête du FRN. Le chef de la diplomatie belge a condamné sans équivoque le choix de la voie politico-militaire pour accéder au pouvoir, estimant qu’une telle démarche ne pouvait conduire ni à la stabilité, ni à la paix, ni à la démocratie.
La Belgique a également réaffirmé son attachement aux processus de paix de Doha et de Washington, au respect du cessez-le-feu et à la protection des populations civiles. Par cette prise de position, Bruxelles exprime son opposition au recours à la force comme moyen de conquête du pouvoir politique en RDC.
Si Olivier Kamitatu approuve cette fermeté à l’égard de Joseph Kabila, il reproche néanmoins à la diplomatie belge une indignation qu’il estime sélective. Selon lui, les condamnations formulées contre le dirigeant du FRN devraient s’accompagner d’une position tout aussi ferme face aux actes et aux décisions des autorités de Kinshasa.
Dans sa tribune, l’opposant évoque notamment le projet de révision constitutionnelle en période de guerre, qu’il estime contraire à l’article 219 de la Constitution congolaise.
Il dénonce également la levée du moratoire sur l’application de la peine de mort, les détentions sans jugement et l’existence de lieux de détention secrets, des pratiques dont il souligne qu’elles ont été documentées par les Nations unies et Human Rights Watch.
Olivier Kamitatu mentionne aussi les agressions répétées dont aurait été victime en Belgique le journaliste congolais réfugié Claude Pero Luwara, ainsi que le soutien ougandais présumé au mouvement rebelle M23.
Il s’interroge sur le niveau de réaction de Bruxelles face à ces différentes situations, qu’il considère comme révélatrices d’un manque de cohérence dans la position belge.
Pour étayer son argumentation, l’opposant invoque l’article 64 de la Constitution congolaise, qui reconnaît à tout citoyen le devoir de faire échec à toute personne ou tout groupe de personnes qui prend le pouvoir par la force ou l’exerce en violation des dispositions constitutionnelles. À ses yeux, ce principe doit s’appliquer à tous les acteurs politiques, sans distinction entre ceux qui combattent le pouvoir et ceux qui l’exercent.
À travers cette interpellation, Olivier Kamitatu appelle ainsi la Belgique à dépasser ce qu’il considère comme une succession de condamnations verbales et à adopter une position cohérente face aux atteintes à l’ordre constitutionnel et aux droits fondamentaux.
Il invite la diplomatie belge à appliquer « la même exigence » à Goma comme à Kinshasa, estimant que la défense des principes démocratiques ne devrait dépendre ni des acteurs concernés ni de leur position dans le conflit.
