Kinshasa, 01 novembre 2026 – Dans une tribune publiée ce dimanche 1er novembre 2026, Maître Jean Bosco Badibanga, avocat congolais et militant panafricaniste, estime que les difficultés socio-économiques et le recul de l’influence géopolitique de la France pourraient modifier les rapports de force dans la région des Grands Lacs, notamment face au Rwanda de Paul Kagame.
Intitulée « La décadence socio-économique française : une occasion d’or pour en finir avec le Rwanda », cette tribune développe une analyse critique de la politique française en Afrique. Son auteur considère que le recul de Paris dans plusieurs pays africains, particulièrement au Mali, au Burkina Faso et au Niger, traduit l’affaiblissement progressif de l’influence française sur le continent.
Jean Bosco Badibanga établit un lien entre cette perte d’influence et les difficultés économiques auxquelles la France est confrontée. Il évoque notamment une dette publique de 3 647 milliards d’euros et estime que le modèle de coopération franco-africain, qu’il assimile à un système de domination et d’exploitation des ressources africaines, est arrivé à bout de souffle.
L’avocat congolais remet également en question le maintien de la France parmi les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies. Selon lui, la perte d’influence économique et diplomatique de Paris en Afrique devrait relancer le débat sur sa place au sein de cette institution internationale.
La question rwandaise occupe une place centrale dans son analyse. L’avocat accuse la France d’avoir joué un rôle de soutien au régime de Paul Kagame et d’avoir contribué, selon lui, à la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo. Il estime que les difficultés actuelles de Paris pourraient réduire sa capacité à soutenir Kigali sur la scène internationale.
Dans cette perspective, il appelle les Congolais à tirer profit de ce qu’il considère comme un affaiblissement des soutiens extérieurs du Rwanda. Il évoque notamment les sanctions américaines visant Kigali et les accusations liées à son implication dans le conflit à l’Est de la RDC pour défendre l’idée d’une nouvelle approche face au régime de Paul Kagame.
Le panafricaniste consacre également une partie de sa tribune au Front pour la refondation de la nation (FRN), qu’il présente comme une nouvelle configuration politique liée à l’ancien président Joseph Kabila et à la dynamique de l’AFC-M23. Pour lui, l’émergence de cette plateforme ne devrait pas intimider la population congolaise.
« Si l’affaiblissement du parrain (France) ne garantit plus la survie du fils (Rwanda), alors la naissance prématurée d’un petit-fils (FRN) ne saurait effrayer le peuple congolais résilient et éveillé », écrit-il.
À travers cette prise de position, l’avocat Jean Bosco Badibanga plaide pour une lecture panafricaniste des rapports de force internationaux et appelle à une réflexion sur les moyens de mettre fin à l’influence qu’il attribue aux puissances étrangères dans la crise sécuritaire congolaise.
