Kinshasa, 31 juillet 2025- Un nouveau drame ensanglante l’Est de la République démocratique du Congo. Selon un rapport confidentiel du Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH), consulté par l’agence Reuters, pas moins de 169 civils auraient été tués par le mouvement rebelle M23 à partir du 9 juillet dernier, dans le territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu.
D’après les informations contenues dans ce document, les victimes étaient majoritairement des agriculteurs installés temporairement dans leurs champs, dans le cadre des travaux de labour. Éloignées de toute forme de protection, ces populations n’auraient pu compter sur aucune assistance en cas de danger.
Le rapport indique que les combattants du M23 auraient eu recours à des armes à feu et à des machettes pour exécuter ces civils. Plusieurs sources indépendantes citées dans le rapport fournissent des témoignages concordants, jugés crédibles par le BCNUDH. Toutefois, Reuters précise qu’elle n’a pas pu vérifier ces faits de manière indépendante.
Interrogé par l’agence, Bertrand Bisimwa, responsable politique du M23, a catégoriquement rejeté ces accusations. Pour lui, il s’agit d’une tentative de ternir l’image du mouvement. « Nous avons été informés par courrier de ces allégations. Une commission d’enquête sera mise en place pour vérifier les faits », a-t-il indiqué, appelant à ne pas se précipiter dans les conclusions.
Le chef rebelle a également remis en question la neutralité du Bureau des droits de l’homme de l’ONU. Il affirme que certains agents congolais au sein de cette institution chercheraient à nuire au M23. « Avant d’imposer des sanctions, il faut d’abord établir les faits. La précipitation à publier des informations non vérifiées relève de la propagande », a ajouté Bisimwa.
Ce rapport accablant survient alors que la situation sécuritaire dans l’est de la RDC reste extrêmement préoccupante. Le M23, dont le soutien par le Rwanda a été documenté à plusieurs reprises par les Nations Unies, continue d’étendre son emprise sur plusieurs localités du Nord-Kivu, malgré les multiples appels à une désescalade.
En parallèle, un espoir de paix subsiste. Au début du mois de juillet, le gouvernement congolais et la coalition rebelle AFC/M23 ont pris l’engagement de désamorcer le conflit d’ici le 18 août, sous la médiation des États-Unis. Cette initiative vise notamment à stabiliser la région pour permettre le déploiement d’investissements miniers stratégiques.
Alors que les négociations se poursuivent, les populations locales, elles, continuent de payer le prix fort des affrontements. Et ce nouveau rapport, s’il est confirmé, risque de compromettre encore davantage les chances d’une paix durable.
