Kinshasa, 21 août 2025- Les États-Unis ont sollicité la convocation d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU concernant la République démocratique du Congo. L’objectif est d’analyser les violences commises contre les populations civiles, notamment celles attribuées aux rebelles de l’AFC/M23, a précisé mercredi le Bureau des affaires africaines du département d’État.
Dans un communiqué, le Bureau a dénoncé la situation en des termes clairs. « La violence visant les civils dans l’Est de la RDC est inacceptable et nous exhortons toutes les parties à respecter le cessez-le-feu inscrit dans la Déclaration de principes signée à Doha entre la RDC et le M23. (…) Nous continuerons à promouvoir la reddition de comptes afin que ceux qui sapent la paix, la stabilité ou la sécurité aient à en répondre », indique ce communiqué.
Cette prise de position américaine intervient alors que de nouvelles alertes sont lancées par les ONG. Amnesty International, dans un rapport publié mercredi, a documenté de graves violations des droits humains, commises aussi bien par l’AFC/M23 que par les groupes armés pro-gouvernementaux wazalendo. Exécutions extrajudiciaires, viols collectifs, enlèvements de patients et attaques contre des hôpitaux figurent parmi les crimes dénoncés. L’ONG a également exhorté le Rwanda à assumer ses responsabilités et appelé le président Félix Tshisekedi à poursuivre les combattants wazalendo impliqués.
Human Rights Watch, de son côté, a révélé qu’en juillet, plus de 140 civils avaient été massacrés par l’AFC/M23 dans le territoire de Rutshuru, près du parc national des Virunga. La majorité des victimes, selon l’ONG, étaient des paysans issus de la communauté hutue.
Pendant ce temps, la situation sécuritaire reste tendue sur le terrain. D’après des sources locales rapportées par Actualité.cd, les rebelles de l’AFC/M23 ont établi une nouvelle position entre Kibati et Kaliki, dans le territoire de Walikale. Ces mouvements sont intervenus après plusieurs affrontements avec les milices wazalendo, entraînant le déplacement de populations dans les villages de Kangati et Ngenge.
Ces violences s’inscrivent dans un contexte fragile, moins de deux mois après l’accord de paix conclu à Washington, le 27 juin dernier, entre la RDC et le Rwanda, sous médiation des États-Unis. Cet accord devait pourtant ouvrir une ère de stabilité dans l’Est du pays, longtemps marqué par les conflits armés.
