Kinshasa, 8 février 2026- L’Afrique du Sud a annoncé le retrait progressif de ses troupes de la Mission de stabilisation des Nations unies en République démocratique du Congo (Monusco), mettant ainsi fin à près de trente années d’engagement continu dans les opérations de maintien de la paix sur le territoire congolais.
Cette décision intervient dans un contexte sécuritaire toujours marqué par la persistance des violences armées dans l’Est de la RDC, notamment la guerre menée par la rébellion du M23 dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Actuellement, plus de 700 soldats sud-africains sont déployés au sein de la Monusco.
Les autorités de Pretoria expliquent ce désengagement par la nécessité de consolider et de réaligner les ressources limitées de la Force de défense nationale sud-africaine, confrontée à des contraintes budgétaires et opérationnelles croissantes. Le gouvernement sud-africain précise que cette décision s’inscrit dans une révision globale de ses priorités stratégiques, sans remettre en cause son attachement aux principes du maintien de la paix et de la coopération multilatérale.
Le retrait se fera de manière progressive et coordonnée avec les Nations unies, notamment à travers les mécanismes de communication d’ONU Info, afin d’assurer une transition maîtrisée et d’éviter toute perturbation majeure des dispositifs de sécurité existants.
Le calendrier établi prévoit un désengagement complet d’ici la fin de l’année 2026. Cette annonce s’inscrit également dans la dynamique de reconfiguration de la Monusco, engagée depuis plusieurs années à la demande des autorités congolaises.
Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a, à cette occasion, réaffirmé l’engagement de son pays en faveur des initiatives régionales et multilatérales visant à promouvoir une paix durable en République démocratique du Congo et dans la région des Grands Lacs.
L’Afrique du Sud entend poursuivre son implication à travers les cadres diplomatiques, politiques et régionaux, notamment au sein de l’Union africaine et de la Communauté de développement de l’Afrique australe, privilégiant désormais une approche axée sur la coopération politique et la prévention des conflits.
Cette décision soulève toutefois des interrogations quant à ses implications sécuritaires dans l’Est de la RDC, où les groupes armés continuent de menacer la stabilité et la protection des populations civiles.
Dans un contexte marqué par une crise humanitaire persistante et des tensions régionales accrues, le retrait progressif des troupes sud-africaines constitue un tournant significatif pour la présence internationale en République démocratique du Congo, alors que le pays demeure engagé dans une quête complexe de paix et de stabilité durables.
