Kinshasa, 16 mai 2026-L’opposition congolaise organise ce mardi 19 mai 2026 à Kinshasa une conférence de presse marquant le lancement officiel d’une plateforme de défense de la Constitution, dans un contexte de fortes tensions autour des débats sur une éventuelle révision constitutionnelle et un possible troisième mandat du président Félix Tshisekedi.
Autour de cette initiative figurent plusieurs figures majeures de l’opposition congolaise, notamment Delly Sesanga, Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund, Moïse Katumbi et Matata Ponyo.
Ces acteurs politiques entendent faire front commun contre toute tentative de modification de la Constitution susceptible d’ouvrir la voie à un maintien au pouvoir de Félix Tshisekedi au-delà de 2028.
Cette mobilisation intervient quelques jours après la conférence de presse du chef de l’État tenue à Kinshasa, au cours de laquelle Félix Tshisekedi avait affirmé qu’il pourrait accepter un troisième mandat « si le peuple le veut ».
Dans la foulée, les débats politiques se sont intensifiés autour d’une proposition de loi portée à l’Assemblée nationale par le député Paul-Gaspard Ngondankoy.
Le texte évoque un mécanisme exceptionnel de changement constitutionnel par voie référendaire et via une Assemblée constituante, une initiative perçue par plusieurs opposants et organisations de la société civile comme une tentative indirecte de contourner les limitations fixées par l’article 220 de la Constitution, lequel verrouille notamment le nombre et la durée des mandats présidentiels.
Depuis les déclarations du président de la République, plusieurs leaders de l’opposition dénoncent ce qu’ils considèrent comme une dérive institutionnelle.
Martin Fayulu avait notamment affirmé que l’opposition et « la majorité du peuple congolais » s’opposeraient à tout projet de troisième mandat, rappelant les tensions politiques qui avaient marqué la fin du pouvoir de l’ancien président Joseph Kabila.
Le lancement de cette nouvelle plateforme intervient ainsi dans un climat politique de plus en plus polarisé, alors que les discussions autour d’une réforme constitutionnelle continuent d’alimenter les tensions entre le pouvoir et l’opposition en République démocratique du Congo.
