Kinshasa, 20 mai 2026 – La bataille politique autour d’une éventuelle révision de la Constitution prend une nouvelle tournure en République démocratique du Congo avec la création de la Coalition des Congolais pour le Changement de la Constitution (C4), annoncée ce mercredi par le secrétaire général de l’UDPS, Augustin Kabuya.
Cette plateforme se présente comme une réponse directe à la coalition C64 lancée la veille par plusieurs figures de l’opposition pour défendre l’ordre constitutionnel.
Dans une déclaration rendue publique sur les réseaux sociaux, Augustin Kabuya a expliqué que le chiffre « 4 » fait référence aux quatre zones linguistiques de la RDC.
Selon lui, cette coalition regroupera des partis politiques, des organisations de la société civile, des confessions religieuses ainsi que des mouvements associatifs autour d’un objectif commun : sensibiliser la population en faveur du changement de la Constitution.
Cette initiative intervient moins de vingt-quatre heures après le lancement de la coalition « Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel » (C64), portée notamment par Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund, Delly Sesanga, Moïse Katumbi et Matata Ponyo. Ces leaders accusent le pouvoir de préparer un « glissement » et de vouloir modifier la Constitution afin d’ouvrir la voie à un éventuel troisième mandat du président Félix Tshisekedi.
Réunis à Kinshasa le 19 mai, les membres de la C64 ont affirmé leur opposition à toute réforme constitutionnelle touchant à la limitation des mandats présidentiels. En s’appuyant sur l’article 64 de la Constitution, ils appellent la population à défendre l’ordre constitutionnel face à ce qu’ils considèrent comme une dérive politique.
Le débat autour d’un éventuel troisième mandat de Félix Tshisekedi s’est intensifié depuis plusieurs mois après différentes déclarations du chef de l’État et de cadres de l’UDPS sur la nécessité de revoir la Constitution de 2006. Félix Tshisekedi avait alors affirmé qu’il était légitime pour les Congolais de réfléchir à une réforme institutionnelle adaptée aux réalités actuelles du pays. Ce dernier avait également évoqué un éventuel 3e mandat au cas où le peuple donnait son avale.
Ces propos avaient immédiatement suscité une vague de réactions au sein de l’opposition et de plusieurs organisations de la société civile. Des acteurs politiques avaient dénoncé une tentative déguisée de préparer un troisième mandat présidentiel, malgré les limitations prévues par la Constitution actuelle.
Des mouvements citoyens, des juristes et plusieurs confessions religieuses avaient également mis en garde contre toute initiative pouvant remettre en cause l’alternance démocratique, rappelant les tensions politiques qu’avait connues la RDC sous le régime de l’ancien président Joseph Kabila autour de la question du « glissement ».
Du côté de l’UDPS, la révision constitutionnelle est présentée comme une nécessité historique. Augustin Kabuya affirme que son parti poursuit le combat initié par feu Étienne Tshisekedi, qui considérait la Constitution de 2006 comme un texte élaboré dans un contexte de guerre et d’influence des anciens belligérants. Le camp présidentiel soutient ainsi l’idée d’une nouvelle Constitution adaptée aux réalités actuelles du pays.
La naissance quasi simultanée des coalitions C64 et C4 traduit la montée des tensions politiques autour de la question constitutionnelle en RDC.
Ce débat, déjà sensible depuis plusieurs mois, risque désormais de structurer la scène politique congolaise dans les prochains mois, entre partisans du maintien de la Constitution actuelle et défenseurs d’un changement institutionnel profond.
