Kinshasa, 7 juin 2026- Un rapport officiel du Département d’État américain, soumis au Congrès des États-Unis en 2003, met en cause l’armée rwandaise (RDF) et ses alliés du RCD/Goma dans une série d’exactions graves commises contre la communauté banyamulenge dans les Hauts Plateaux du Sud-Kivu durant l’année 2002.
Intitulé Country Reports on Human Rights Practices 2002 et publié le 31 mars 2003 par le Bureau de la démocratie, des droits de l’homme et du travail, ce document décrit une campagne de répression qui se serait intensifiée après la rébellion menée en janvier 2002 par le commandant banyamulenge Patrick Masunzu contre le commandement militaire rwandais.
Selon ce rapport, la réaction des forces rwandaises aurait provoqué des conséquences humanitaires majeures. Plus de 90 villages banyamulenge auraient été incendiés et détruits, tandis qu’environ 30 000 civils auraient été contraints de fuir leurs habitations.
Le document affirme également qu’entre juin et juillet 2002, l’armée rwandaise a mené des bombardements répétés à l’aide d’hélicoptères dans des zones habitées des Hauts Plateaux.
Le rapport souligne en outre que les organisations humanitaires internationales auraient été empêchées d’accéder à ces zones, compliquant l’évaluation du nombre exact de victimes.
Le rapport fait également état d’arrestations ciblées contre des responsables civils et militaires banyamulenge. En juillet 2002, vingt-six leaders communautaires auraient été arrêtés à Uvira sur ordre des services de sécurité du RCD/Goma. Plusieurs d’entre eux auraient ensuite été transférés à Goma où ils auraient subi des actes de torture.
Des officiers banyamulenge du RCD/Goma auraient également été arrêtés après avoir refusé de participer aux opérations militaires dirigées contre leur propre communauté.
Certains auraient été transférés vers le Rwanda avant de disparaître, laissant craindre des exécutions extrajudiciaires.
Le document américain évoque également des violences sexuelles attribuées aux forces rwandaises et au RCD/Goma.
Dans le territoire de Fizi, des organisations de défense des droits humains auraient documenté des centaines de cas de viols visant de jeunes filles dans des établissements scolaires ruraux.
Sur le plan économique, le rapport accuse par ailleurs l’armée rwandaise d’avoir mis en place un système d’exploitation forcée de ressources minières, notamment du coltan, dans plusieurs régions de l’est de la RDC afin de soutenir l’effort de guerre.
Ces révélations, contenues dans un document officiel transmis au Congrès américain, continuent d’alimenter le débat sur les responsabilités des différents acteurs impliqués dans les conflits qui ont marqué l’est de la République démocratique du Congo au début des années 2000.
