Kinshasa, 04 avril 2025- L’accident tragique qui a coûté la vie au brigadier Fiston Kabeya ne cesse de provoquer l’indignation. Cette fois, c’est l’Observatoire de la dépense publique (ODEP) qui prend la parole pour dénoncer une dérive inquiétante du pouvoir : l’usage abusif du contresens par les cortèges officiels. Pour l’ONG, cette pratique illégale, en plus de mettre en danger des vies humaines, constitue une violation manifeste de l’État de droit.
Dans son communiqué, l’ODEP rappelle que ni la Constitution ni le Code de la route ne confèrent un privilège autorisant les membres du gouvernement à ignorer les règles de circulation. La mort du brigadier Kabeya, survenue alors qu’il accomplissait son devoir, est présentée comme la conséquence directe d’un abus de pouvoir routier devenu banal, mais désormais lourd de conséquences.
L’ONG ne se limite pas à une dénonciation morale. Elle évoque explicitement la responsabilité politique, administrative et éthique de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, dont le cortège est impliqué dans le drame. L’ODEP s’appuie sur les articles 21 et 22 du Code pénal congolais pour rappeler que la fonction n’exonère pas de la responsabilité pénale en cas d’infraction.
Face à la gravité des faits, l’ODEP réclame un geste fort : la démission ou le retrait provisoire de la cheffe du gouvernement. Cette exigence vise à garantir l’indépendance de l’enquête et à éviter toute interférence, directe ou indirecte, dans la recherche de la vérité. Pour l’ONG, le respect des institutions passe aussi par l’exemplarité de ceux qui les incarnent.
L’Observatoire interpelle également le pouvoir législatif. Si des responsabilités sont établies, l’Assemblée nationale devra enclencher sans délai une procédure de mise en accusation, dans le strict cadre constitutionnel. L’ODEP renvoie ici aux articles 166 et 167, comme pour rappeler que les institutions ont les outils pour agir, à condition d’avoir la volonté de le faire.
Au-delà des procédures, l’émotion populaire reste vive. Les Congolais exigent que justice soit faite, non seulement pour le brigadier tombé en service, mais aussi pour restaurer un minimum de confiance envers leurs dirigeants. Car à force de tolérer le contresens, c’est tout un pays qui risque de ne plus savoir dans quelle direction il avance.
