Kinshasa, 25 juillet 2025- L’ouverture du procès de Joseph Kabila devant la Haute cour militaire a suscité une vive réaction du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD). Le parti, par la voix de son secrétaire permanent Emmanuel Ramazani Shadary, a dénoncé une manœuvre politique visant à discréditer leur leader.
« Pour le PPRD, ce procès n’existe même pas ou s’il y en a un, c’est tout simplement un procès politique », a déclaré Ramazani Shadary, exprimant un rejet catégorique de la procédure engagée contre l’ancien président de la République.
Selon lui, cette affaire judiciaire est instrumentalisée dans l’objectif d’écarter un acteur central de l’opposition, alors que la situation du pays nécessiterait plutôt une approche tournée vers la réconciliation nationale. « L’objectif est d’écarter un acteur politique majeur de l’opposition congolaise, à la place d’une démarche qui devait plutôt privilégier une démarche pour la paix et la cohésion nationale », a-t-il insisté.
Le responsable du PPRD a mis en doute l’impartialité de la justice dans ce dossier, affirmant que la conclusion du procès serait déjà décidée. « Et tout le monde sait que la condamnation du président honoraire Joseph Kabila Kabange est déjà acquise pour le pouvoir en place. L’arrêt le condamnant est déjà signé avec date et numéro, tout est déjà fait, le reste c’est du théâtre », a-t-il accusé.
Ramazani Shadary s’inquiète également des conséquences politiques d’un tel procès, estimant qu’il risque d’aggraver les tensions sociales et politiques dans le pays. « En prenant cette décision inique et pleine de lâcheté, le pouvoir ne pourrait-il pas se rendre compte que ce soi-disant procès pourrait diviser les Congolais si l’on y prend garde, en ce sens qu’il est en contre-courant avec les accords de principe en chantier ? », a-t-il averti.
Cette déclaration fait référence à la récente déclaration de principes signée à Doha entre le gouvernement congolais et les rebelles de l’AFC/M23, censée préparer un accord de paix global pour l’Est du pays.
Selon le PPRD, l’instrumentalisation de la justice dans cette affaire compromet les chances d’un consensus national. « Ce procès du siècle va diluer toute chance de rapprochement des acteurs importants vers un consensus national », a estimé Ramazani Shadary, qualifiant la procédure de « procès de la honte et de la haine ».
Lors de la première audience, Joseph Kabila ne s’est pas présenté. Le ministère public a demandé qu’il soit jugé par défaut, affirmant ne pas avoir pu le localiser à ses résidences de Gombe et de Kingakati. La Haute cour militaire le poursuit pour des infractions graves telles que la trahison, la participation à un mouvement insurrectionnel, le complot et l’apologie du terrorisme. L’audience a été renvoyée au 31 juillet.
