Kinshasa, 29 juillet 2025- Dans une circulaire rendue publique lundi, le ministère provincial de la Santé publique, hygiène et prévention a formellement interdit l’exposition des personnes malades dans les espaces publics, à des fins de quête d’argent. Cette décision vise à éradiquer une pratique de plus en plus répandue dans les rues de Kinshasa.
Depuis un certain temps, il n’était pas rare de voir dans les carrefours de la capitale des malades, parfois accompagnés de soi-disant « serviteurs de Dieu », exhibés devant les passants dans le but de susciter la compassion et obtenir des dons. Le ministère dénonce une dérive qui nuit gravement à la dignité humaine.
« Cette pratique déshonore et porte atteinte à la dignité humaine, pourtant garantie par l’article 16 de la Constitution », rappelle la note officielle. Le texte met en évidence la nécessité de protéger l’intégrité des personnes vulnérables, victimes d’une exploitation souvent dissimulée derrière un discours religieux.
De nombreux observateurs avaient déjà critiqué cette tendance, la qualifiant davantage de manœuvre frauduleuse que d’appel sincère à la solidarité. En effet, plusieurs malades continuaient à être montrés en public pendant des mois, même après des collectes de fonds significatives.
Le ministère ordonne désormais que tout malade identifié dans de telles situations soit dirigé sans délai vers une structure de santé officielle pour une prise en charge adaptée. Cette approche vise à garantir un accompagnement médical digne, loin de toute forme d’exploitation ou de mise en scène.
Enfin, la circulaire précise que des mesures strictes seront prises à l’encontre de toute personne ou groupe ne respectant pas cette interdiction. Le ministère entend ainsi faire respecter le droit à la dignité, conformément à la Constitution, et lutter contre les dérives observées dans certains quartiers de Kinshasa.
