Kinshasa, 30 juillet 2025- Le Médecins sans frontières (MSF) tire la sonnette d’alarme. La situation des femmes et des jeunes filles dans l’Est de la République démocratique du Congo demeure extrêmement préoccupante, en raison de l’ampleur grandissante des violences sexuelles.
Dans une déclaration rendue publique ce mercredi, l’organisation humanitaire souligne que depuis la prise de Goma par le groupe armé M23/AFC, l’insécurité s’est intensifiée. Cette dégradation a provoqué une hausse significative des agressions sexuelles, alors même que de nombreuses ONG ont dû se retirer de la région.
D’après MSF, près de 40 000 survivantes ont été prises en charge dans la seule province du Nord-Kivu depuis 2024, un chiffre qui témoigne de l’ampleur dramatique de la crise.
Malgré ce climat hostile, les équipes de MSF continuent d’apporter une assistance médicale, psychologique et un accompagnement aux survivantes, en restant présentes sur le terrain.
Entre janvier et avril 2025, environ 7 400 victimes ont été prises en charge à Goma, tandis que 2 400 autres l’ont été à Saké, localité située à une vingtaine de kilomètres. Les témoignages recueillis évoquent des viols commis sous la menace d’armes à feu, par des agresseurs souvent non identifiés, dans une zone où opèrent plusieurs groupes armés.
« Le contexte a changé, mais pas la réalité des violences sexuelles, dont les femmes restent les premières victimes », constate François Calas, responsable des programmes MSF au Nord-Kivu.
Face à cette crise persistante, MSF exhorte toutes les parties impliquées dans le conflit à garantir la sécurité des populations civiles et à faciliter leur accès aux soins. L’organisation humanitaire en appelle également à la communauté internationale pour maintenir son soutien, malgré les restrictions budgétaires.
L’accès aux soins spécialisés doit impérativement être renforcé, conclut MSF, car il en va de la survie et de la dignité des survivantes.
