Kinshasa, 22 août 2025- Le représentant permanent de la RDC auprès des Nations unies, Zénon Mukongo, a exhorté ce vendredi le Conseil de sécurité à renforcer immédiatement les sanctions contre le Rwanda. Il a demandé l’inclusion des commandants de l’AFC/M23 et des responsables rwandais, tout en condamnant le transfert par le groupe rebelle de populations non identifiées sur le sol congolais.
Cette intervention a eu lieu lors d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité, convoquée à la demande des États-Unis, en réponse à la multiplication des attaques menées par les groupes armés dans l’est de la République démocratique du Congo.
Zénon Mukongo a exprimé ses doutes sur la sincérité du Rwanda et de ses alliés au sein de l’AFC/M23. « Ces acteurs s’obstinent à fouler aux pieds leurs engagements aux termes de l’Accord de paix de Washington et de la Déclaration des Principes de Doha », a-t-il rappelé.
Selon lui, les crimes perpétrés par le Rwanda et ses supplétifs revêtent une dimension ethnique manifeste. « Des civils sont visés pour leur seule appartenance ethnique, dans ce qui est une tentative délibérée de remodeler par la violence le tissu social congolais », a-t-il soutenu.
Le représentant congolais a souligné que le Conseil de sécurité a déjà démontré que les sanctions ne sont pas incompatibles avec la paix, mais au contraire indispensables pour la garantir. « Il n’y a aucune raison que le cas de la RDC fasse exception », a-t-il insisté.
Il a averti que l’absence de mesures coercitives contre le M23 et ses soutiens rwandais pourrait avoir des conséquences graves. « En refusant d’imposer de telles mesures contre le M23 et ses soutiens rwandais, le Conseil s’exposerait à cautionner l’impunité, à miner sa propre résolution 2773 et à éroder sa propre crédibilité et sa légitimité », a-t-il lancé.
Zénon Mukongo a également sollicité l’appui du Conseil pour que la commission d’enquête internationale puisse entamer ses travaux sans délai, afin d’établir la vérité sur les violations dans l’est de la RDC.
De son côté, le représentant du Rwanda a mis en garde contre la désinformation et la couverture sélective des questions relatives aux droits humains en RDC. Selon lui, « les victimes sont présentées comme les auteurs, et vice versa », ajoutant que ces accusations apparaissent souvent à des moments politiquement sensibles, notamment avant les négociations à Doha et la mise en œuvre de l’Accord de paix de Washington, incluant la neutralisation des FDLR.
