Kinshasa, 02 septembre 2025- La Convention pour le respect des droits humains (CRDH) tire la sonnette d’alarme sur les souffrances endurées par les populations civiles sur l’axe Beni-Oicha, dans le Nord-Kivu, plus précisément au point de contrôle de la barrière de Mavivi.
Selon la CRDH, les agents de sécurité exigent systématiquement à chaque passager la remise de sa carte d’électeur, dont la restitution est conditionnée au paiement de 5.000 FC par passage.
« Ce dimanche 31 août 2025, Monsieur Rober Sibenda, habitant de Mwenda, a été victime d’une pratique qui s’apparente à une extorsion institutionnalisée. À chaque passage, les agents de sécurité exigent environ 2$ par personne. Faute de s’acquitter de cette somme, les voyageurs sont retenus arbitrairement, comme des suspects, et humiliés alors même qu’ils sont déjà meurtris par les effets de l’insécurité chronique dans la région. Pire encore, ces pratiques discriminatoires ciblent particulièrement les passagers transportés par des motards ou des taximen, pendant que les chauffeurs et leurs véhicules ne subissent aucun contrôle poussé. C’est un système à deux vitesses, injuste et oppressif », raconte Maître Jean-Paul Paluku Ngahangodi, Coordinateur National de la CRDH.
L’organisation dénonce également le silence des autorités militaires, notamment le gouverneur de l’état de siège, le général Eva Somo, et le maire policier de Beni, le commissaire Narcisse Muteba, qui laissent prospérer ces pratiques sans sanction.
« Il est inacceptable que les services de sécurité, censés protéger la population, deviennent eux-mêmes agents de souffrance et d’exploitation. Ce genre de tracasserie monnayée, loin de contribuer à la sécurité, ternit l’image de l’État et érode la confiance de la population envers ses institutions », ajoute le coordonnateur national.
À ce titre, la CRDH exige l’ouverture immédiate d’une enquête sérieuse et indépendante sur ces pratiques à la barrière de Mavivi, la sanction des auteurs identifiés, ainsi que l’instauration d’un contrôle transparent et respectueux des droits humains.
