Kinshasa, 16 février 2026- Malgré la volonté affichée du gouvernement congolais et des rebelles du M23 de respecter un nouveau cessez-le-feu dans l’Est de la République démocratique du Congo, le scepticisme demeure au sein de l’opinion et de plusieurs observateurs.
« On a vu la limite de ces cessez-le-feu. Nous espérons que celui-ci sera le bon, puisqu’en tout cas la souffrance de la population congolaise est énorme », a déclaré Denis Mukwege, cité par L’Orient-Le Jour.
Par cette réaction, le prix Nobel de la paix met directement l’accent sur la répétition des trêves non respectées et sur l’ampleur de la crise humanitaire qui frappe les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Son intervention intervient alors que Kinshasa a officiellement accepté le principe du cessez-le-feu proposé sous l’initiative du président angolais João Lourenço.
Le gouvernement congolais a insisté sur un gel strict des positions, l’arrêt de tout renforcement militaire et la fin de tout soutien extérieur aux groupes armés.
Dans le même temps, l’AFC/M23, par la voix de son coordonnateur Corneille Nangaa, a affirmé son engagement à appliquer « sans délai et de bonne foi » le mécanisme de surveillance et de vérification convenu lors des discussions tenues à Doha.
Si les deux parties disent ainsi adhérer à la trêve, Denis Mukwege rappelle que la crédibilité de ce nouveau processus dépendra des actes concrets sur le terrain. Pour lui, l’enjeu dépasse la diplomatie : il s’agit de mettre fin à une souffrance qu’il qualifie d’énorme pour la population congolaise.
