Kinshasa, 6 mai 2026-En point de presse tenu ce mercredi à kinshasa, le président de la République, Félix Tshisekedi s’est prononcé sur le débat en cours sur une éventuelle révision de la Constitution, en insistant sur la nécessité d’un processus encadré, transparent et guidé par l’intérêt supérieur de la nation.
Le chef de l’État a tenu à poser les balises du débat :
« Je souhaite rappeler un principe simple, aucune question d’intérêt national ne doit être confisquée, caricaturée ou interdite de réflexion. Mais toute réflexion sur nos institutions doit être conduite avec sérieux, transparence et méthode, dans le respect scrupuleux de l’État de droit, sans précipitation, sans manipulation et sans arrière-pensée politique » a-t-il déclaré.
Cette prise de position intervient dans un contexte politique particulièrement sensible, marqué par des discussions croissantes autour d’une possible réforme constitutionnelle en République démocratique du Congo.
Si aucune initiative officielle de révision n’a encore été formellement engagée par l’exécutif, plusieurs signaux récents ont contribué à alimenter le débat public.
Parmi eux, le dépôt à l’Assemblée nationale d’une proposition de loi visant l’organisation d’un référendum par le député Tony Mwaba, membre de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). Cette démarche a relancé les spéculations sur une éventuelle modification de certaines dispositions constitutionnelles.
Récemment ladite proposition de loi a été déclarée recevable.
En parallèle, la société civile s’est également invitée dans le débat. L’activiste des droits de l’homme Jean-Claude Katende, président de l’Association africaine de défense des droits de l’homme, a récemment annoncé le lancement d’une campagne intitulée « Le troisième mandat est périmé », une initiative qui, bien que non explicitement dirigée, est largement perçue comme une prise de position contre toute tentative de prolongation du pouvoir présidentiel.
Ces différentes initiatives, politiques comme citoyennes, ont contribué à intensifier les débats autour de la limitation des mandats et du respect de l’ordre constitutionnel. Dans ce climat, l’appel de Félix Tshisekedi à un débat « sans manipulation » apparaît comme une tentative d’apaisement et de cadrage, face aux tensions croissantes et aux interprétations divergentes.
