Goma, 21 mai 2026 – Un centre humanitaire soutenant la réinsertion des femmes vulnérables et des ex-combattants a été détruit dans un bombardement survenu à Mikenge, dans les hauts plateaux d’Itombwe au Sud-Kivu. L’attaque, attribuée par la société civile locale à la coalition armée AFC/M23-Twirwaneho-Red Ntabara, a également fait plusieurs victimes civiles et causé d’importants dégâts matériels.
Selon des sources locales, le bombardement par drone a visé mercredi 20 mai vers 10 heures le centre de formation professionnelle de l’organisation humanitaire Jeunes Solutions, situé à Mikenge. Financé par le Fonds fiduciaire des Nations unies (UN Trust Fund), cet établissement jouait un rôle majeur dans l’encadrement des femmes survivantes de violences, des jeunes vulnérables ainsi que des personnes sorties des groupes armés.
Le bilan provisoire fait état d’au moins quatre morts et plusieurs blessés parmi les civils. Des témoins indiquent que la proximité du marché local a aggravé les conséquences humaines de cette frappe qui a semé la panique dans la zone.
Sur le plan matériel, les dégâts sont considérables.
L’ensemble des infrastructures du centre aurait été détruit, y compris quarante machines à coudre, une unité de fabrication de savon ainsi que plusieurs stocks de matériaux de construction destinés aux activités de formation et d’autonomisation économique.
Le bureau de coordination de la société civile d’Itombwe a condamné avec fermeté cette attaque, accusant explicitement la coalition AFC/M23, Twirwaneho et Red Ntabara d’être responsable du bombardement. Les acteurs de la société civile dénoncent une nouvelle escalade de violences dans les hauts plateaux du Sud-Kivu, où les populations civiles continuent de payer un lourd tribut au conflit.
De son côté, l’organisation Jeunes Solutions a rappelé que les infrastructures civiles et humanitaires bénéficient d’une protection spéciale en période de conflit armé. Elle appelle les différentes parties impliquées dans les affrontements à respecter strictement le droit international humanitaire ainsi que les Conventions de Genève.
Cette attaque intervient dans un contexte de tensions persistantes dans l’est de la RDC, marqué par la multiplication des affrontements entre groupes armés et les accusations récurrentes autour de l’usage de drones et d’armes lourdes dans des zones habitées.
