Kinshasa, 23 juillet 2026- L’opposant Claudel André Lubaya a vivement critiqué le projet de dialogue national annoncé par le président Félix Tshisekedi, estimant qu’un processus qui exclut certaines composantes politiques « manque, dès l’origine, d’assise ».
Dans une déclaration publiée jeudi, il soutient que le chef de l’État ne peut se présenter comme un arbitre neutre, puisqu’il est, selon lui, « au cœur de la crise » que ce dialogue est censé résoudre.
Pour Claudel Lubaya, la crédibilité d’un dialogue dépend avant tout de son caractère inclusif. Il affirme que l’exclusion de certaines forces politiques compromet les chances d’aboutir à un consensus national durable.
L’ancien député va plus loin en remettant en cause la légitimité politique de Félix Tshisekedi. Selon lui, les élections de 2018 et de 2023 continuent d’alimenter un débat sur les conditions d’accession et de maintien du président au pouvoir. « Personne n’est dupe », écrit-il, estimant que cette contestation constitue « l’un des principaux facteurs de la crise politique actuelle ».
Dans sa déclaration, Claudel Lubaya reconnaît que Félix Tshisekedi exerce effectivement les prérogatives de chef de l’État et bénéficie de la reconnaissance internationale attachée à cette fonction. Toutefois, il soutient que, sur le plan interne, les contestations liées aux résultats électoraux empêchent le président d’apparaître comme un médiateur impartial, faisant de lui « l’épicentre de la crise ».
Ces déclarations interviennent quelques jours après l’annonce par le président Félix Tshisekedi de son accord de principe pour l’organisation d’un dialogue national. Présentée comme une initiative destinée à renforcer le front intérieur face à la guerre dans l’est du pays, cette démarche est en cours de préparation avec les confessions religieuses.
Le gouvernement a précisé que le dialogue réunira des Congolais qui condamnent l’agression rwandaise, tandis que plusieurs modalités restent encore à définir.
Depuis cette annonce, le projet suscite des réactions contrastées. Des partis d’opposition, des mouvements citoyens et plusieurs organisations insistent sur la nécessité d’un dialogue réellement inclusif, assorti de mesures de décrispation politique, alors que le pouvoir défend un cadre centré sur l’unité nationale et la défense de la souveraineté du pays.
