Kinshasa, 24 juillet 2026- Le professeur Bob Kabamba Kazadi a dressé un tableau très sombre de la situation économique de la République démocratique du Congo (RDC), estimant que le pays continue de s’appauvrir sous l’effet d’un affaiblissement progressif de l’État et d’une exploitation insuffisamment contrôlée de ses ressources naturelles.
Intervenant lors d’un échange en ligne, l’analyste politique a remis en cause le discours dominant sur le pillage des richesses congolaises.
Selon lui, les données de la Banque centrale de l’Ouganda montrent que Kampala tirerait davantage profit des ressources de la RDC que le Rwanda.
Le professeur affirme que l’Ouganda est devenu le premier exportateur d’or d’Afrique avec plus de 4,5 milliards de dollars d’exportations annuelles, alors même que le pays ne disposerait pratiquement pas de gisements aurifères significatifs.
Il soutient également que des produits tels que le café, le cacao et le bois exportés sous pavillon ougandais proviendraient en réalité du territoire congolais.
Bob Kabamba Kazadi a également évoqué la situation dans l’ancien Katanga.
Selon lui, entre 12 et 14 milliards de dollars de minerais quitteraient chaque année cette région en transitant par le port de Dar es Salaam, en Tanzanie, sans que cette richesse ne profite aux populations locales. Il estime que ce système perdure avec la complicité ou l’aval des autorités de Kinshasa.
Pour inverser cette tendance, le professeur plaide pour une application stricte du Code minier congolais. Il appelle notamment les autorités à imposer la transformation et la valorisation locale des minerais avant toute exportation, estimant qu’une telle politique permettrait de créer davantage de valeur ajoutée, d’emplois et de recettes fiscales au bénéfice de la RDC.
