Goma, 11 août 2026- Un rapport d’enquête présenté le 8 août dernier à Goma par Claude Musavuli alerte sur la multiplication des violations graves des droits humains dans les zones contrôlées par le M23.
Le document fait état de 31 fosses communes, de disparitions, de détentions clandestines et d’exécutions que son auteur attribue aux rebelles du M23, soutenus par le Rwanda.
Selon ce rapport consulté par ReelActu, plusieurs sites situés dans la ville de Goma et ses environs seraient utilisés comme lieux de détention.
Des personnes arrêtées lors d’opérations de ratissage auraient été conduites vers des endroits tenus secrets, sans que leurs familles puissent obtenir des informations fiables sur leur sort.
Ces accusations interviennent dans un contexte où les alertes sur les atteintes aux droits humains restent récurrentes dans l’est de la République démocratique du Congo.
Human Rights Watch a notamment documenté des détentions arbitraires, des traitements inhumains et des disparitions de personnes arrêtées dans les zones contrôlées par le M23.
Amnesty International rapporte également des cas de disparitions forcées et de détentions dans des conditions particulièrement difficiles à Goma et dans ses environs.
À Goma, les inquiétudes se sont également accentuées ces derniers mois avec des signalements de corps sans vie retrouvés dans différents endroits et des cas d’enlèvements rapportés par des acteurs locaux.
Le Conseil communal de la Jeunesse de Goma avait notamment alerté en juin sur la découverte de corps sans vie sur les eaux du lac Kivu ainsi que sur la multiplication des enlèvements.
Le rapport présenté par Claude Musavuli vient ainsi remettre au premier plan la question du sort des personnes disparues depuis la prise de Goma par le M23.
Il appelle, selon ses conclusions, à davantage de lumière sur les lieux présumés de détention et sur les sites où pourraient se trouver les corps des victimes.
Les accusations contenues dans ce rapport nécessitent toutefois des investigations indépendantes permettant d’établir les faits, d’identifier les victimes et de déterminer les responsabilités.
Elles s’inscrivent néanmoins dans un ensemble plus large de rapports d’organisations de défense des droits humains faisant état de graves abus commis dans les zones sous contrôle du M23.
