Kinshasa, 13 août 2026- Le parti Ensemble pour la République, de Moïse Katumbi, hausse le ton face au projet de changement de la Constitution en République démocratique du Congo.
Son secrétaire général, Dieudonné Bolengetenge, a évoqué la possibilité d’un recours à la désobéissance civile si le président Félix Tshisekedi ne renonçait pas à ce qu’il qualifie de démarche contraire à la préservation de l’ordre constitutionnel actuel.
S’exprimant mercredi devant la presse à Kinshasa, le responsable d’Ensemble pour la République, membre de la coalition C64, a appelé le chef de l’État à privilégier « la voie de la vérité ».
Il a averti que, faute d’avancées sur les revendications de l’opposition, la mobilisation pourrait prendre une nouvelle ampleur.
« On peut même appeler notre population à la désobéissance civile »,a déclaré Dieudonné Bolengetenge, laissant également entendre que la situation pourrait « aller très loin » si le pouvoir poursuivait son projet de réforme constitutionnelle.
Pour Ensemble pour la République et la C64, l’enjeu dépasse la seule modification de certaines dispositions de la Loi fondamentale.
La coalition affirme vouloir empêcher ce qu’elle considère comme un renversement de l’ordre constitutionnel en vigueur et réclame, à cette fin, l’organisation d’un dialogue national inclusif.
La C64 avait déjà annoncé des manifestations de grande ampleur à Kinshasa avant de les reporter à la suite des appels à la retenue lancés notamment par la CENCO et l’Église du Christ au Congo.
La coalition avait ensuite fixé au 15 août une échéance au pouvoir pour la convocation d’un dialogue national inclusif.
À l’approche de cette échéance, Dieudonné Bolengetenge affirme que l’opposition ne compte plus multiplier les reports.
En l’absence d’une convocation du dialogue, la C64 devrait se réunir afin de définir de nouvelles actions de terrain. Le responsable politique a annoncé des « activités de grande envergure » destinées à accentuer la pression sur les autorités.
La coalition rejette par ailleurs l’idée d’une Constitution qui serait, selon elle, « taillée sur mesure » pour répondre aux intérêts du pouvoir en place. Elle estime que la population congolaise ne soutiendrait pas un tel projet.
Cette nouvelle sortie de l’opposition intervient alors que le débat sur l’avenir de la Constitution continue de susciter de fortes tensions politiques à Kinshasa.
L’éventuelle intensification de la mobilisation après le 15 août pourrait ainsi ouvrir une nouvelle séquence dans le bras de fer entre l’opposition regroupée au sein de la C64 et le pouvoir de Félix Tshisekedi.
