Kinshasa, 9 septembre 2026- Dans une tribune publiée ce mercredi 9 septembre, Seth Kikuni, président de PISTE pour l’Émergence, alerte sur ce qu’il considère comme une dérive du discours nationaliste dans le débat public congolais depuis l’avancée de l’AFC/M23 vers Kinshasa.
Selon lui, le concept de « nationalisme », désormais régulièrement invoqué aussi bien par le pouvoir que par une partie de l’opposition, tend à se transformer en un « fondamentalisme identitaire ». Cette évolution, estime-t-il, contribue à exclure certains Congolais de la communauté nationale, notamment les Banyamulenge et les Tutsis congolais.
Seth Kikuni dénonce également l’usage du patriotisme comme justification à la répression de certaines voix critiques.
Il cite notamment les opposants politiques, les journalistes et les défenseurs des droits humains, estimant que leur mise à l’écart ou les restrictions visant leurs activités ne peuvent être assimilées à une défense de la nation.
Dans sa tribune, l’ancien candidat à la présidentielle pointe par ailleurs une contradiction entre le discours souverainiste porté en RDC et l’accord de partenariat stratégique signé en décembre 2025 à Washington. Il affirme que cet accord contraindrait Kinshasa à consulter l’ambassadeur des États-Unis avant toute modification de sa politique concernant les minerais critiques.
Pour Seth Kikuni, le véritable nationalisme congolais ne devrait donc pas reposer sur l’exclusion ou l’appartenance identitaire, mais sur l’unité, l’inclusion et la reconnaissance de tous les citoyens comme membres à part entière de la nation.
Il rattache cette vision au mouvement « Sauvons la RDC », initié autour de l’ancien président Joseph Kabila, qu’il présente comme une démarche visant à promouvoir une conception plus inclusive du nationalisme congolais.
